30 déc. 2009

A la croisée des chemins




Une note qui vient juste à cause de cette illustration trouvée au hasard du web comme bien souvent.

L'espoir n'est qu'à 53 km mais la peur et la confusion sont si proches.
Aucun doute en tout cas ce matin quant au retoquage de la taxe carbone par le Conseil Constitutionnel.
L'espoir n'est pas si loin que ça en définitive, il y a quand même un contre-pouvoir en France. Il est bon de le rappeler de temps en temps.


28 déc. 2009

Le ciel peut attendre

Johnny également à ce qu'on raconte.
Mon père s'accroche aussi.
George a failli se ramasser un piano sur la tête.

Ahmadinejad devrait il craindre quelque chose ?
Aux dernières nouvelles, Besson ne s'est pas étouffé avec sa dinde.
Je n'ai pas été à la messe de Minuit. Je ne crois pas en Dieu. Je ne pardonne pas à ceux qui m'ont offensée. Encore moins aux autres.
Et si je me remettais un peu de crème Yves Rocher sur le nez ?
Les herbes c'est bon pour la santé.
Les passagers du vol 253 de la Northwest Airlines sont priés d'embarquer...
Tout le reste dans votre journal préféré.

En exposition, quelques assemblages de Joseph Cornell pour patienter en attendant la fin de l'année (n'hésitez pas à cliquer sur le lien, il y a de très beaux fonds d'écran à télécharger).


 






Et en bruit de fond, une chanson de Michael Jackson. Heaven can wait.


22 déc. 2009

Mini mini mini


Tout est mini dans notre vie.
Ca a commencé par une pub pour un magasin vendant des produits de beauté qui a ajouté dans sa gamme d'accessoires un MINI canard vibrant. Mais oui. Je n'envoie pas le lien parce que ce blog n'a pas vocation à faire de la pub mais je suis sûre que mes copines Fromage et Dessert sauront dire chez qui on trouve ça.
La chanson de Dutronc ne m'est venue à l'esprit qu'après, alors qu'à la recherche d'un vague cadeau de Noël,  je suis entrée dans une de ces boutiques qui bordent la route nationale.
Et là ça a été le choc. Mini tout est mini Mini assiettes, mini coupelles, le pompon allant aux mini cocottes. Sans parler des inévitables et insupportables verrines.
Le must de nos jours, c'est la mise en bouche.
Foin des dindes rôties et des cuissots de sangliers à la sauce Grand Veneur.
Tu dégustes du bout des lèvres et tu ne fais pas la fine bouche.
On sent vraiment que c'est la crise.
Ces portions divisées par 10.


Je ne suis pas sûre que les prix soient diminués de même.
Et le temps de préparation multiplié par 20 histoire de faire bonne mesure.
Bref, d'un seul coup, je me suis sentie comme Blanche-Neige en train de faire des courses pour les Sept Nains.
Si Si.
Sept nains.
Nains...
Nain ?
Nain !
(Oups c'est vrai, c'est la trève de Noël.)
(Oublions oublions.)
En attendant, j'espère que personne ne m'offrira de dinette jeudi soir.
Je ne fais pas souvent la cuisine mais quand je la fais, il y en a pour tout le monde.
Par contre pour le canard vibrant modèle Crazy Horse, ça peut se négocier.
Mon anniversaire c'est toujours vendredi au cas où quelqu'un l'aurait oublié...




Petit, petit, petit
Tout est mini dans notre vie
Mini-moke et mini-jupe
Mini-moche et lilliput
Il est mini Docteur Schweitzer
Mini mini ça manque d'air
Mini-jupe et mini-moque
Miniature de quoi j'me moque
Ministère et terminus
Minimum et minibus

21 déc. 2009

Silence dans le poste


C'était bizarre ce matin de se reveiller sans la voix de Nicolas Demorand. Suite à une grève d'une certaine partie... et à la place la douce Loane qui chante Danse...
Où irons nous danser ce soir ?
Ca tombe bien aujourd'hui l'hiver commence. On ne s'en était pas vraiment aperçus depuis une semaine n'est ce pas Lulu ?
Je vais en profiter pour faire la trève des confiseurs.
Mais pas la grève des papillottes.
J'admire mon nouveau frigo chaque fois que je rentre dans ma cuisine.
Samedi soir, j'ai été voir La Route. Epopée initiatique post-apocalyptique.
Que sera notre Demain ? Qu'allons nous offrir à nos enfants et à ceux qui vont venir ensuite ?
Où iront-ils danser ?
Petite rediffusion d'une note écrite il y a quelques années :

"Nous nous acheminons vers la fin de l’année dans un brouillard assez vertigineux. Où allons-nous ? Que deviendrons-nous une fois les brumes dissipées ? Quel soleil renaissant viendra réchauffer nos vieux os ? Quelles idées baroques viendront éveiller nos cerveaux engourdis ? Quels êtres neufs apparaîtront une fois nos oripeaux arrachés ?

Regarder la vie à travers la brume et des lunettes de myopes, quelle drôle d’idée ! Avancer à tâtons les mains tendues dans l’espoir de trouver son chemin ? Non mieux, celui de trouver l’autre sur son chemin. Celui qui prendra cette main gelée et la réchauffera. Celui qui la tiendra bien fort pour éviter que l’on trébuche. Celui que l’on suivra même les yeux fermés tant la confiance sera dans ce geste. La main tendue.
C’est comme sur ces photos floues, ratées paraît-il, où l’on voit les gens dans une ébauche de mouvement. Ce bras qui a bougé, ce visage qui s’est tourné. Vers quoi, vers qui ? Sûrement pas vers l’objectif qui était là pour saisir l’immobilité. Vers la vie qui appelle. Vers l’espoir d’un mieux, d’un bien. Même fugitif, même passager.
Nous nous acheminons tranquillement vers la fin de l’année. D’un pas lent, presque traînant. Une grosse envie de tourner une page, encore une. Mais envie aussi d’en finir en beauté. Se retourner sur le pas de la porte et dire adieu. Regarder ces mois envolés. Matins sourires. Nuits chagrines. Demi-sommeils et journées radieuses. Sourires et larmes entremêlés.
Nous nous acheminons…"

Ou iront-ils danser demain ?
Leurs yeux brilleront-il encore ?

Source Photo : Life Magazine.



19 déc. 2009

Confusion, tête d'affiche et Nicolas d'or



La confusion c'est à Copenhague bien sûr.
Plus on avance plus on recule et comme a dit Chavez "si le climat était une banque, vous l'auriez déjà sauvée".
Une petite phrase comme ça vaut mieux qu'un long discours non ?

La tête d'affiche c'est Julien Dray (celui a qui j'ai essayé de refiler mon chien le mois dernier) qui retrouve sa place sur la liste des Régionales. Dossier classé sans suite. On le savait bien.


Les Nicolas d'Or ont été initiés par Vogelsong qui m'avait d'ailleurs contacté à ce sujet. J'ai laissé passer la date mais le résultat me convient parfaitement.

Le "Nicolas" d'or de la phrase de l'année :
Jacques Séguéla : "Si à 50 ans on n'a pas une Rolex, on a raté sa vie" sur France 2, le 13 février 2009

Le "Nicolas" d'or du fantôme politique de l'année :
Fadela Amara

Le "Nicolas" d'or du coup d'éclat politique de l'année :
Le retour de Daniel Cohn Bendit et le score d'Europe Ecologie aux Européennes

Le "Nicolas"d'or de l'arnaque économique de l'année :
La moralisation du capitalisme

Le "Nicolas" d'or du bide politique de l'année :
Jean Sarkozy et l'EPAD

Le "Nicolas" d'or du Coup de pelle de l'année :
N. Sarkozy : "Les journalistes, ce sont des nullards, il faut leur cracher à la gueule, il faut leur marcher dessus, les écraser. Ce sont des bandits. Et encore les bandits eux ont une morale". (source : http://www.slate.fr/story/3947/sarkozy-les-journalistes-il-faut-leur-cracher-a-la-gueule)

Le site Internet de l'année :


Les participants ont été :



Logo propulsé par CC.
Photo sirène : source inconnue.

Bande-son : Le père Noël n'existe pas par les Chanteuses.
A écouter avec attention.




18 déc. 2009

Neige à Lyon


Réveil matinal.
Encore une journée chargée et c'est le week-end.
Courses à finir.
Bottes fourrées.
Une chanteuse dite "à voix" braille la bande-son du film Avatar dans mes oreilles.
Ca ne donne pas envie du tout.
Je dois être difficile.
Mercredi j'ai fait mon baptême du foot à Gerland. Je me suis un peu sentie comme un poisson hors de son bocal. L'équipe lyonnaise à gagné, c'est le principal.
Jeudi j'ai fait mon baptême du Café-Théâtre le Boui Boui pour "Hommes - femmes : mode d'emploi" version fille. Celui qui a fait ça ne s'est vraiment pas cassé le cul. Il a récupéré tous les pps qui se baladent sur le web et en a fait une sorte de bouillie pleine de poncifs et de stéréotypes. Elle a bien du courage la jeune femme qui interprète ça. Heureusement qu'elle a de l'abattage sinon il y aurait de quoi se barrer au bout de 5 minutes.
Sting nous offre un nouvel opus "On a winter's night". Je lis quelque part que l'album" présente de nouvelles chansons en harmonie avec l'automne, la saison des feuilles mortes, propice à la réflexion spirituelle." J'en ai perdu mon anglais du coup. Pour moi winter ça veut dire hiver. On ne sait pas si l'hiver est lui propice à la réflexion spirituelle. Sans doute que non, les pieds gelés et la goutte au nez vous poussent surtout à rentrer chez vous pour vous calfeutrer sous la couette. Quand vous avez la chance d'avoir une couette et un toit.
Actuellement, à la Mairie du 8ème, il y a une vente de petites cabanes précieuses organisée par les artistes de Singulart.
On les a mises aux enchères hier soir. Une grosse partie de la vente va revenir au Foyer Notre Dame des Sans Abris qui "fête" ses 60 ans d'existence.
Un SDF, diminutif de sans domicile fixe est dans le langage courant une personne qui vit dans la rue ou dans un foyer.  Avant on disait un clochard, mais les clochards tout le monde savait qu'ils avaient choisi de le devenir, c'était une forme d'art de vivre.
Il parait que Roselyne Bachelot veut les vacciner. C'est vrai qu'elle a du stock.
Enfin Roselyne, les SDF c'est pas la grippe qui les tue vous savez.
D'après ce que j'ai lu, trente-huit sans-abri se sont vu refuser un hébergement d'urgence, faute de place à Paris, dans la nuit de lundi à mardi.
Le secrétaire d'état au logement, Benoist Apparu, pas très médiatique, est en train de réfléchir à des solutions d'urgence. Qu'il ne réfléchisse pas trop longtemps, le froid a l'air de s'installer.
Pour en revenir à nos cabanes, il y en a une qui m'est réservée là bas (vive les enchères) et pour en revenir à Sting, j'ai écouté un peu et je n'ai pas trop aimé, alors je vous propose Russians pour le plaisir de l'oreille et de l'oeil.
Et pour se dire que le temps passe mais que la beauté reste.

Photo : Faces par Christian Boltanski.





15 déc. 2009

Avoir une conscience politique est ce que ça fait mal ?


Ca fait partie des petites questions qui sont posées sur le site de campagne des Régionales.
En ce qui me concerne, la réponse est non bien entendu sinon je ne serais pas encore en train de m'échiner matin, midi et soir à essayer d'avancer du mieux possible.
En ce qui concerne Rachida Dati, je me demande quand même.
"Je suis dans l'hémicycle du Parlement de Strasbourg, j'en peux plus, je n'en peux plus ! Je pense qu'il va y avoir un drame avant que je finisse mon mandat, là".
A quoi pense-t-elle le matin quand elle se maquille Rachida ?
C'est quoi ce comportement de femme enfant ?
Si elle veut, je connais plein de femmes qui veulent bien échanger avec elle.
Tiens, des éducatrices du Centre Social Mermoz où je suis passée ce soir par exemple.
Et elle retour aux sources , près du peuple, celui qui lui a mis le pied à l'étrier.
Qu'est ce que je faisais à Mermoz au fait ?
Ah oui c'est vrai. Un gosse du quartier s'est fait tuer dimanche soir.
Amar qu'il s'appelait le petit bonhomme.
Il allait acheter du pain pour ses parents.
Hier soir, marche silencieuse. Bougies, photos, fleurs, caméras et enfants en pleurs.
Et là tout à l'heure, en allant à la Mairie, je me suis arrêtée parce que j'ai vu la Police.On attendait le Ministre de l'Intérieur.
Hortefeux qu'il s'appelle.
Vous savez le grand qui ressemble à un reptile.
Il est arrivé en veste/chemise alors qu'on était tous couverts des pieds à la tête.
Peut-être qu'il a attrapé la crève ?
Rassurant, je crois qu'il se voulait rassurant.
Pas facile d'expliquer à une famille pourquoi des types se baladent en France avec des armes automatiques et tirent sur tout ce qui bouge comme dans les films américains.
Il nous annoncé que les mortiers de feu d'artifice allaient être interdit sur tout le territoire. Une loi en préparation. J'ai pas bien vu le rapport avec le gosse.

Faire néanmoins bonne figure au nom du respect d'un mort à celui qui représente tout ce que tu détestes. Et je n'étais pas la seule.
Il est resté le temps qu'il jugeait nécessaire, soit pas longtemps.
A répondu à quelques questions.
Les assassins seront retrouvés et punis.
Pas de violence, pas de vengeance.
Soyez gentils les petits.
Nora Berra ne trouvait plus sa route.
Moi non plus d'ailleurs.
La petite Communauté de Mermoz s'est retrouvée sur le trottoir.
Il faisait toujours aussi froid. Surtout dans les coeurs.
Pourtant, dans 10 jours c'est Noël.
Avoir une conscience tout court est-ce que ça fait mal ?
Ce soir je peux vous affirmer que oui.
Demain nous reviendrons peut-être à la question la plus préoccupante quand même : Rachida Dati tiendra-elle-jusqu'au bout de son Mandat ?

Les Roses sont de Tina Modotti et la bande son d'Oxmo Puccino.


14 déc. 2009

Chienne de vie

J’ai le sourire un peu coincé aujourd’hui.

A midi, après avoir dégusté la dinde de Noël en compagnie de mes collègues, je jette un œil sur le net.
Je ne sais pas pourquoi j’ai été voir le blog de Jeffane, sans doute parce qu’en passant sur la page de Partageons mon avis, j’ai vu qu’il était administrateur.
A moins que j’ai eu un pressentiment.

Et puis la nouvelle ce matin aux infos.
La fusillade à Lyon.
A Mermoz exactement.
Ce quartier que je traverse tous les jours pour aller travailler et ensuite rentrer chez moi.
Un gosse de 12 ans a été tué.
Il allait à l’épicerie qui était ouverte en ce dimanche glacial.
Des gamines de Bron sont passées par là et il parait qu’on leur a mal parlé.


Elles sont allées chercher des hommes qui sont revenus cagoulés en voiture et ont tiré dans le tas.
12 impacts de balles dans les vitrines des commerces.

Ce soir une marche silencieuse est organisée à partir de 18 heures.
Nous partirons de la Chaufferie située rue Joseph Challier et rejoindrons la place Latarjet, là où le drame s’est passé.
En souvenir de ce gamin mort hier.

13 déc. 2009

«Quand on sort de la piscine et qu'il fait froid, on a l'impression d'être un légume mal décongelé.» [ Geneviève Brisac ]


Ca doit être pour cette raison que je ne vais pas trop à la piscine en hiver. Je déteste me rhabiller mouillée. Ca me donne l'impression d'être misérable et là je déteste encore plus.
Par contre ce week-end j'ai aimé plein de choses.
Voir mes copains si différents près de moi samedi soir.
Rire avec eux.
Je suis une grande pudique en fait.
Merci à Nicolas, Cali, Mrs Clooney, Cath, Romain d'être venus.
Vous êtes de grands malades mais je vous aime.
Les autres n'ont pas de blog car je ne fréquente pas que des blogueurs.
Ils ne sont pas piqués des vers non plus.
Et puis the last but not the least, Juillev, mon alter ego, qui m'a prêté sa maison pour recevoir tout ce petit monde.
-*-
Le froid est arrivé depuis hier. Quelques flocons en prévision.
Une dinde à déguster demain au bureau.
Quelques réunions avant Noël.
Un pot de fin d'année.
Une soirée au théâtre avec ma fille.
Des cadeaux de Noël à acheter.
Décider si je reste un peu plus à Paris pour m'occuper de mon père et participer au Kremlin des Blogs Spécial Noël.
-*-
Sur France Inter, il y a une émission animée par Colombe Schneck qui s'appelle Les Liaisons Heureuses. C'est en partant de là que j'ai trouvé la citation de Geneviève Brisac.
Quand on sort de la piscine...
Quand on sort la tête de l'eau, espérer que personne ne vous replonge dedans.
-*-
Il parait que Berlusconi s'est fait casser la gueule.
La violence c'est mal à ce qu'il parait.
Non vraiment je vous assure.
On ne frappe pas un vieillard sans défense.
Au visage surtout, ce visage refait à grand frais par les chirurgiens esthétiques italiens les plus réputés.
-*-

La citation du soir : "Johnny fait partie de l’histoire, de notre patrimoine, de notre culture." (Patrick Bruel) (no comment)
-*-
Ma citation du soir : "On peut toujours concilier vie professionnelle et personnelle : il faut juste le vouloir".
-*-
Nota : mon véritable anniversaire c'est le 25 décembre. Je sais c'est pas cool pour les cadeaux, on vient de me le dire pour la 9999ème fois. La ou le 10.000ème gagnera un filet garni avec une dinde et un marron. Plus la photo de Berlusconi (à cause du marron).

Photos : Mark Yankus
Musique : Mr Scuff- Get a move on.




11 déc. 2009

La passante de Sans Souci


En ce moment je passe beaucoup de mon temps en compagnie de plombiers (lyonnais je précise) et de storistes (la jalousie lyonnaise c'est tout un art) pour réparer un peu mon très vieil appartement où je ne vis pas seule avec Maman...
La fête des Lumières est déjà passée et nous voilà en vue de Noël. Le thème c'était le Temps...
Ce week-end je fête mon anniversaire avec 2 semaines d'avance, passage de Cath'astrophe oblige. Mes parisiens chéris et d'autres n'ont pu venir pour des raisons variées, je penserai à eux et lèverai mon verre à leur santé.
Ma fille passe un entretien de travail tout à l'heure. Je croise les doigts pour elle.
Hier j'ai signifié par voie de mail professionnel à un collègue genre "gros raciste" que la boite du bureau n'avait pas vocation à nous envoyer des messages injurieux vis à vis de la population française d'origine étrangère. Comme si je me servais de la mienne pour proposer à mes collègues d'adhérer au P.S.
Je trouve toujours étonnant que des personnes au demeurant sympathiques de l'extérieur puisse avoir autant de haine vis à vis de ceux qu'on appelle poliment "les arabes". Qui n'a pas entendu aussi la plaisanterie à propos de l'équipe de France de foot "c'est l'équipe d'Afrique" et rigolé à ce sujet bien sûr.
Je déteste cette banalisation du racisme ordinaire aux relents de Front National.
Qu'on m'envoie des fichiers comiques (qui souvent finissent dans Par Ici la Bonne Soupe) soit mais je ne veux plus qu'on me pollue avec ça. Même en l'enrobant d'humour. Stop c'est tout.
J'ai intitulé cette note "la passante de Sans Souci" pour la simple raison que c'est le nom de la station de Métro qui est à côté de la maison.
Référence aussi à Romi Schneider que j'ai tant aimée.
Aussi parce que j'en ai un peu marre de voir la vie en rouge et que ça me semble un beau titre de blog. Je vais réfléchir à changer ma bannière à l'occasion.
Quand j'en aurai fini avec les petits artisans lyonnais qui ont besoin de travailler.
Donc pas forcément tout de suite.



8 déc. 2009

Aujourd'hui c'est le 8 décembre

Et à Lyon c'est la fête des Lumières.
Pour remercier la vierge de nous avoir sauvé il y a très longtemps d'un truc méchant, genre peste ou Sarkozy (ah ah facile à placer celle là :-)).
Ce soir, the place to be sous peine d'être complètement ringard, c'est Monplaisir.
Le programme est ICI.
Avec le magnifique spectacle de Moment Factory sur la place Ambroise Courtois vers 21 heures et en avant-première mondiale le nouveau film de Yann Arthus Bertrand, 6 milliards d'autres.
Deux petites vidéos pour vous allécher.
Nous vous attendons très nombreux.
Le plus du plus pour ceux qui ne seront pas à Lyon ce soir : la diffusion en direct sur ARTE TV. Là vous n'aurez vraiment aucune raison de dire que vous ne l'aurez pas vu.




7 déc. 2009

C'est la saison des papillottes


Surtout des Revillon. Mes préférées.
Et puis les papillottes c'est comme les Carambar.
Ou les Apericube.
A l'intérieur il y a des devinettes.
Ou des citations.
La papillotte c'est bon.
C'est magique aussi.
Du plaisir pour pas trop cher.
Moi je déguste tout simplement.
Et je cherche la réponse à la devinette.
"Vrai ou faux ? Le père Noël distribue des cadeaux à Noël et nettoie les cheminées le reste de l'année" (des promesses toujours des promesses)
"Vrai ou faux ? Les hommes qui vivent dans des igloos s'appellent des bonhommes de neige" (et les femmes on les appelle comment ? des femmes frigidaire ?)
"Vrai ou faux ? Nicolas Sarkozy a été élu président en 2007"
"Vrai ou faux ? L'histoire de France ça n'intéresse plus personne"
"Quel mot désigne à la fois le nez du chien, une friandise au chocolat et un imbécile ?" (qui à répondu Lefebvre ?)
"Quel pin porte le nom d'une fête de fin d'année ?" (le Pin Pom ?)
"Qui a bu boira ?"
" Qui s'est lancée dans une stratégie de débauchages individuels tous azimuts après le refus des Verts et des communistes de constituer des listes d'union de la gauche pour le premier tour des élections régionales en Poitou-Charentes, contrairement à 2004 ?" (celle là elle n'est pas dans les papillottes ni dans les boules de cristal).
"N'est-il pas improductif d'imposer des normes sur les voitures qui coûtent plus de 1000 euros par voiture, alors que dans les pays en voie de développement, on laisse rouler des tuktuks qui polluent 100 fois plus? Ne serait pas plus judicieux d'utiliser cet argent pour aider les pays en voie de développement à utiliser des technologies moins polluantes?"
"Y aura-t-il de la dinde à Noël?"
"L'altruisme intéressé est-il un humanisme ?"
"Comment s'appelle la Miss France profonde 2010 ?"
Bref dans les papillottes, il y a plein de questions plus ou moins légères qui nous permettent de nous amuser et de nous dire que Oui, la magie de Noël ça existe toujours.
Plus ou moins.
Enfin je crois...

6 déc. 2009

N'oublions pas nos bazookas mardi prochain...


Le même texte qu'hier mais passé au Débilitron.
Merci Ronald.
Je me sens un un moins grognonne du coup.
"Lâche pas l'affaire". C'est ce que m'a écrit mon fourgon blindé Marco cette semaine.
D'autres me l'ont écrit aussi. Merci à tous c'est très gentil.
La lettre recommandée est là "lâcher l'affaire ou pas".
Genre to be or not to be... continuer à farcir.
Parce que dès que le calendrier est décongestionné sur la jupe écossaise 1er décembre, le temps s'est mis à s'overclocker de façon très bizarre.
Il s'est bouilli comme ça d'un seul coup.
En même temps il y a des alcooliques anonymes où tout est long, si long.
Elastique, voilà le temps est cataclysmique.
La fin de l'année approchant, tout ce qui peut être excité comme réunions, discussions, meetings, projets à décrotter... est flambé et bien casé rendant l'emploi du temps de tout le phytoplancton un peu chargé. Je ne suis pas la seule dans cet ami imaginaire heureusement.
Je me balade alors comme une palissade sur cet caramel en revenant bien attention de ne pas idolâtrer. Il semble que l'expérience commence à venir car j'arrive à dilater entre les taxidermistes comme une centrale nucléaire pro.
Sauf que l'inspiration, moteur essentiel de la chaufferette de base, me manque un peu en ce moment.
Je n'ai pas envie de zipper à faire du tournevis en immolant de jolies photos, des ballons dirigeables chics et des pseudopodes inspirées par l'actualité vite fait bien fait.
De l'aspirateur comme me disait Romain l'autre jour, du pain.
Justement, mon chou-fleur à moi je le vis sur le caporal en ce moment et pas dans les bidules que je pourrais coller dessus.
Je sais pourtant les balivernes ces mots à force.
Ca fait 5 ans que je persifle.
5 ans que je bave sur tout, de la poutre apparente, de l'amour, de syphilitique, d'apocalyptique, des autres, du laxatif et de la lame de scalpel.
Ca en fait du temps passé sur mon esclave en fuite vous coulez.
Des barriques de mots mis bout à bout.
Des pépites de chocolat jetées au chat persan sur le pyromane en giflant y rencontrer un doigt de pied.
Bouteilles à la carte à puce.
Je suis une crampe qui fait de la moutarde.
Socialiste qui plus est.
Et je vous emmerde.
J'allume ma 3ème clope.
Je finis mon vase Ming.
Un chalumeau.
C'est bon le vase en cristal vous pénétrez.
Aujourd'hui les sanctions commencent à Lyon.
Notre nuit va se dézinguer.
Soleil de nuit.
N'oublions pas nos bazookas mardi prochain.
Et espérons qu'il ne pleuvra pas.
Loie «Mort aux vaches !» Fuller doit être ensardiné nous arrivée en direct du Canada.
Une crotte de plus pour être dehors et pas le paratonnerre sur mon colis piégé.
Fermer mes stimulants et penser qu'hier n'existe plus, que demain est un soliflore et qu'aujourd'hui, aujourd'hui il fait si beau qu'on aimerait tant que toute la mousse à raser et la fontaine de Jouvence s'effacent.
Ne pas croire en Dieu mais croire aux gaines de contention.
Le temps, juste le temps de décorner nos mogettes et de nous dévisser mille sourires.

Photo G. Stern

5 déc. 2009

Le temps est élastique...


"Lâche pas l'affaire". C'est ce que m'a écrit mon pote Marco cette semaine.
D'autres me l'ont écrit aussi. Merci à tous c'est très gentil.
La question est là "lâcher l'affaire ou pas".
Genre to be or not to be... continuer à bloguer.
Parce que dès que le calendrier est arrivé sur la date 1er décembre, le temps s'est mis à se comporter de façon très bizarre.
Il s'est accéléré comme ça d'un seul coup.
En même temps il y a des moments où tout est long, si long.
Elastique, voilà le temps est élastique.
La fin de l'année approchant, tout ce qui peut être casé comme réunions, discussions, meetings, projets à terminer... est casé et bien casé rendant l'emploi du temps de tout le monde un peu chargé. Je ne suis pas la seule dans ce cas heureusement.
Je me balade alors comme une funambule sur cet élastique en faisant bien attention de ne pas tomber. Il semble que l'expérience commence à venir car j'arrive à jongler entre les rendez-vous comme une vraie pro.
Sauf que l'inspiration, moteur essentiel de la blogueuse de base, me manque un peu en ce moment.
Je n'ai pas envie de continuer à faire du remplissage en mettant de jolies photos, des poésies chics et des expressions inspirées par l'actualité vite fait bien fait.
Du fond comme me disait Romain l'autre jour, du fond.
Justement, mon fond à moi je le vis sur le terrain en ce moment et pas dans les mots que je pourrais coller dessus.
Je sais pourtant les manier ces mots à force.
Ca fait 5 ans que je blogue.
5 ans que je parle de tout, de la vie, de l'amour, de musique, de politique, des autres, du fond et de la forme.
Ca en fait du temps passé sur mon clavier vous savez.
Des kilomètres de mots mis bout à bout.
Des phrases jetées au hasard sur le net en espérant y rencontrer un écho.
Bouteilles à la mer.
Je suis une femme qui fait de la politique.
Socialiste qui plus est.
Et je vous emmerde.
J'allume ma 3ème clope.
Je finis mon verre.
Un communard.
C'est bon le communard vous savez.
Aujourd'hui les illuminations commencent à Lyon.
Notre nuit va s'éclairer.
Soleil de nuit.
N'oublions pas nos lumignons mardi prochain.
Et espérons qu'il ne pleuvra pas.
Loie Fuller doit être parmi nous arrivée en direct du Canada.
Une raison de plus pour être dehors et pas le nez sur mon écran.
Fermer mes yeux et penser qu'hier n'existe plus, que demain est un rêve et qu'aujourd'hui, aujourd'hui il fait si beau qu'on aimerait tant que toute la laideur et la violence s'effacent.
Ne pas croire en Dieu mais croire aux miracles.
Le temps, juste le temps d'éclairer nos fenêtres et de nous envoyer mille sourires.

Photo : André Kestesz
Bande son : Leonard Cohen - Waiting for a miracle


30 nov. 2009

Française et célibataire...


... a la recherche d'un mariage gris...
(ça tombe bien c'est super mode cet hiver le gris)
Si tu es grand, beau, intelligent, étranger et sans papier, écris moi vite, on pourra s'arranger.

Ah bon tu ne sais pas lire et écrire ?
On s'en fout.
Même pas tu parles français ?
Pas bien grave.
Tu as 30 ans de moins que moi ?
Ben tu les fais pas dis donc.
Quand on s'aime pas besoin de s'encombrer de toutes ces contingences n'est ce pas Monsieur Besson ?
J'ai acheté ce week-end le "Manuel de Guerilla à l'usage des femmes" de Sylvie Brunel.
L'ex-femme du sus-nommé personnage.
Celui qui s'énerve après Stéphane Guillon.
On se demande bien pourquoi.
L'escroquerie sentimentale n'est pas toujours fourrée là où on croit.
Enfin bref, ce bouquin je suis dedans jusqu'à nouvel ordre et dès que j'ai fini, je viens vous en parler.

Bande son : Monsieur Besson, j'vous jette une chaussure par Léo d'en Bas.
Illustration : George Krause - Fingernails - Houston 1975


26 nov. 2009

Esthète de cheval



Etant assignée à résidence dans mon luxeux chalet de Gstaad pour la modique somme de 3 millions d'euros (on appelle ça se faire élargir)  (pour une sombre histoire que j'ai oubliée d'ailleurs) et l'actualité ne m'apportant aucune motivation profonde ce matin, je m'en vais ré-écouter l'intégrale de Boby Lapointe et méditer sur (au choix) :

- la profondeur des sentiments humains.
- l'inutilité de certains écrits
- mon dieu que la montagne est belle
- ça y est j'ai trouvé la recette des cannelés
- qu'est ce que je me mets aujourd'hui ?
- on fait quoi ce soir ?( réponse : on picole comme d'habitude)
- l'intérêt général doit il vraiment primer sur les stratégies personnelles ?
- reviens Dominique la France t'attend.
- aurais-je la grippe ou pas avant qu'on me vaccine ?
- le grand Capital aura-t-il raison des petites PME ?
- chéri on se voit quand on a 5 minutes.

Photo : Melvin Sokolski


25 nov. 2009

Pour le meilleur et pour le pire



F - "Sos femmes battues, bonjour !"
LB - Bonjour.
F - "Oui... Euh ! Monsieur"
LB - Oui
F - "Vous vous êtes trompez de numéro ?"
LB - Non ! je m'appelle Marc et j'ai battu ma femme
F - "Comment?"
LB - Oui j'l'ai frappée j'suis devenu fou Madame, j'ai dérapé
J'viens d'appeler les urgences j'viens d'appeler les flics
Fallait que je parle à quelqu'un, fallait que je m'explique
F - "Mais qu'est ce qui c'est passé?"
LB - 1an et demi qu'on est marié et depuis quelques temps ça va pas
Ça fait 6 mois que j'cherche un emploi, un boulot
On vit en île de France et depuis le mariage j'ai la tête sous l'eau
A 27ans j'pensais pas être millionnaire
Mais je voulais tout lui apporter mais
Même le strict nécessaire je n'y arrive pas
Alors je m'en suis pris à elle comment ai-je pu tomber aussi bas
Des scènes de jalousies aux relations sexuelles alors qu'elle ne voulait pas
F - "Mais pourquoi?"
LB - je l'ai cru responsable, mais c'est moi le minable
J'agissais comme si j'avais besoin de la rabaisser, j'l'ai blessé et j'l'ai vu encaisser
J'ai tout fait pour l'éloigner de ses proches et
J'ai menti je traînais dans les bars avec des potes
Le soir quand elle rentrait le moindre détail et c'était l'embrouille
Et dans son regard dans ses gestes j'voyais bien qu'elle avait la trouille
Je fais peur à ma femme et c'est mon drame son comportement a changé car j'ai été infâme
F - "Mais vous avez essayez d'en parler à quelqu'un?"
LB - Mais à qui ? Je vais pas aller consulter un médecin, lui dire quoi ?
Elle a tenté de maintenir l'équilibre, elle avait de l'argent et moi je me suis senti invisible
Je me suis senti petit alors je l'ai dénigré tout le temps
F - "Et la famille les proches, personne vraiment?"
LB - Je bats ma femme c'est pas une chose que l'on dit à ses parents
Elle a été patiente car elle avait l'espoir que je change
Mais plus elle essayait et plus j'changeais pas
C'était une agression psychologique permanente
Et la violence de mes mots la rendait incompétente
Elle se sentait pas en sécurité et elle avait raison
Plus je contrôlais la situation et plus c'était la prison
J'ai eu du mépris pour elle et pourtant je n'ai jamais cessé de l'aimer
C'est moi qui avais besoin d'être aidé
Madame elle est enceinte de 4 mois et aujourd'hui j'l'ai battu à lui casser le bras
F - "Comment ? qu'est ce que vous dites?"
LB - Elle m'a fait une remarque, J'avais trop bu, ça a été une gifle au début puis elle a continué à se moquer
En colère je lui en ai collé une dans les gencives
F - "Quoi"?
LB - Ouais on s'est battu, et je l'ai frappé avec la barre de fer, je lui ai fais vivre l'enfer
Mais je n'en tire aucune fierté Madame
F - "Mais où est elle ?"
LB - Elle est à terre, là, à côté de moi inconsciente j'vous l'ai déjà dis, j'ai déjà appelé les urgences
F - "Oh !mon dieu!"
LB - Oui je sais j'ai été trop loin j'ai pété un câble, maintenant je sais que c'est la fin
F - "Non Mais attendez, Monsieur! Marc continuez à parler...Est-elle encore en vie?"
LB - Oui je crois, c'est d'ma faute, je bossais dans l'informatique
A la maison je remplissais mon rôle,
Mais tout est parti de travers je pensais que ça n'arrivait qu'aux autres
Mais quand c'est vous c'est souvent qu'on ne le voit pas venir
J'aurais du me ressaisir j'l sais...il n'y a plus d'avenir aujourd'hui
Mon geste est impardonnable, méprisable, elle méritait pas ça madame !
F - "Vous avez des remords ?"
LB – J'veux pas qu'elle meurre, non, car j'ai eu tort
Je lui manqué de respect, manqué à mon honneur
Manqué à ma promesse, manqué à mes vœux, j'ai manqué à notre amour
Et je suis le seul responsable de cette violence conjugale
Je dois vous laisser Madame, y a les flics à la porte
F - "Non ! mais attendez Monsieur! Marc ne raccrochez pas! Allo, allo?... Marc?"
LB - Ce morceau, c'est pour toutes les femmes battues
Les hommes n'ont pas d'excuses et cette chanson n'en ai pas une
La réalité est souvent encore plus dure J'l sais mais, aujourd'hui j'ai pris mes responsabilités
Car c'est pour le meilleur et pour le pire






Les violences faites aux femmes seront Grande Cause nationale en 2010. Le Premier ministre, François Fillon, devrait l’annoncer, à l’issue du Conseil des ministres, mercredi, lors de cette Journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes. En France, 1,2 million de femmes ont déclaré avoir subi au moins un acte de violence physique ou sexuelle en 2007-2008, selon l’enquête Cadre de vie et sécurité, menée par l’Observatoire national de la délinquance. Plus de la moitié d’entre elles ont été agressées au sein de leur foyer, dont 310 000 par leur conjoint actuel. Mais si la parole se libère peu à peu, le taux de plaintes déposées reste extrêmement faible (8%). Et si la majorité de ces femmes (73%) expliquent vouloir trouver une autre solution, la moitié d’entre elles estime aussi que "ce n’est pas grave" ou que "cela ne servirait à rien".


22 nov. 2009

Dans ma bibliothèque : Albert Camus.

"A midi, sur les pentes à demi sableuses et couvertes d'héliotropes comme d'une écume qu'auraient laissée en se retirant les vagues furieuses des derniers jours, je regardais la mer qui, à cette heure, se soulevait à peine d'un mouvement épuisé et je rassasiais les deux soifs qu'on ne peut tromper longtemps sans que l'être se dessèche, je veux dire aimer et admirer. Car il y a seulement de la malchance à n'être pas aimé : il y a du malheur à ne point aimer. Nous tous, aujourd'hui, mourons de ce malheur. C'est que le sang, les haines décharnent le cœur lui-même ; la longue revendication de la justice épuise l'amour qui pourtant lui a donné naissance. Dans la clameur où nous vivons, l'amour est impossible et la justice ne suffit pas. C'est pourquoi l'Europe hait le jour et ne sait qu'opposer l'injustice à elle-même. Mais pour empêcher que la justice se racornisse, beau fruit orange qui ne contient qu'une pulpe amère et sèche, je redécouvrais à Tipasa qu'il fallait garder intactes en soi une fraîcheur, une source de joie, aimer le jour qui échappe à l'injustice, et retourner au combat avec cette lumière conquise. Je retrouvais ici l'ancienne beauté, un ciel jeune, et je mesurais ma chance, comprenant enfin que dans les pires années de notre folie le souvenir de ce ciel ne m'avait jamais quitté. C'était lui qui pour finir m'avait empêché de désespérer. J'avais toujours su que les ruines de Tipasa étaient plus jeunes que nos chantiers ou nos décombres. Le monde y recommençait tous les jours dans une lumière toujours neuve. Ô lumière ! c'est le cri de tous les personnages placés, dans le drame antique, devant leur destin. Ce recours dernier était aussi le nôtre et je le savais maintenant. Au milieu de l'hiver, j'apprenais enfin qu'il y avait en moi un été invincible."
" L'Eté ", extrait du Retour à Tipasa, d'Albert Camus (1952)



"Il y a du malheur à ne point aimer."
L'été est mon texte favori.
Note dédiée à ceux qui s'y reconnaitront.
Tous les Etrangers sans doute.
Et ceux qui pensent aussi qu'il y a en eux un invincible été.



18 nov. 2009

Envoyer tout valser ?


Comme chaque année, me voici partie demain aux aurores pour le plus grand Salon Médical du monde à Dusseldorf.
Deux jours de rencontres avec nos clients venus du monde entier.
Et comme chaque fois que je prends l'avion, la peur au ventre.
Ne pas perdre le nord même si cette année je me retrouve avec la tête à l'est et le coeur à l'ouest.
Ségolène et Vincent divorcent.
Martine se frotte les mains.
J'ai le désir d'avenir en berne.
L'espoir à gauche en capilotade.
De quoi suis-je fière au juste ?
D'être ce que je suis, là où je suis.
C'est déjà pas mal.
Un peu orpheline en même temps.
C'est comme ça les divorces, les enfants trinquent.
Une perturbation de plus pendant le vol.
Moi je m'en fous du moment que l'avion se pose.
Alors les autres peuvent appuyer sur le bouton comme ils veulent.
L'Algérie klaxonne et mon chien pleure de peur.
Pas de joie le pauvre.
Et zut j'ai pas de boules Quies et mon sac n'est pas fait.
J'imagine que du côté du cours de la Liberté ça doit être aussi bruyant qu'ici.
Et que les sourires ne doivent pas être aussi joyeux que samedi dernier.
Liste officielle.
Listes alternatives.
Laissez brûler les p'tits papiers.
Si demain l'avion se crashe ça sera la dernière note que je laisserai à la postérité.
Même pas honte.
Parce que là, à la minute même où j'écris, j'ai comme une drôle envie de tout envoyer valser...

Photo : mes guibolles au bureau à la sauce MrsClooney


Eh psssst vous là bas...

Vous êtes lyonnais et vous voulez passez une bonne soirée cette semaine ?
Vous voulez impressionner votre amoureux(se) ?
Vous voulez rêver ?
Vous voulez vous enthousiasmer ?



Une solution : précipitez-vous au Nouveau Théâtre du 8ème.

22 RUE CDT PÉGOUT 69008 LYON
TEL : 04 78 78 33 30 

pour assister au spectacle intitulé :

EGO NON SUM SED VOS AMO (JE N’EXISTE PAS MAIS JE VOUS AIME)

Texte de Patrick Dubost
Création EMMA UTGES

«Ego non sum sed vos amo (je n’existe pas mais je vous aime)»  réunit plusieurs disciplines artistiques sur un texte commandé au poète Patrick Dubost.
Un voyage au royaume des morts, poétique et drôle ; pour parler de choses importantes avec humour et décalage grâce à la musique, à la marionnette, au jeu, au chant et à l’image vidéo.
Emma est vraiment formidable. Je suis restée collée sur mon siège sans bouger pendant tout le spectacle. Comment jouer et valser avec la mort et repartir en aimant la vie plus que jamais...


Les dates sont les suivantes :
mercredi 18 novembre 20h
jeudi 19 novembre 20h
vendredi 20 novembre 20h
samedi 21 novembre 17h
http://www.nth8.com/index.php?page=1010000
12 euros plein tarif
6 euros tarif réduit
le jeudi c’est gratuit

Écouter un extrait sur
http://soundcloud.com/communication-1/taimer-jusqua-plus-soif

Cette information a été également relayé par La Cause des Causeuses, excellent blog d'incitation poétique.



"L'oeil écoute et la voix voit". Paul Claudel.

16 nov. 2009

Tranches de vie



Le Chasse-Clou est revenu avec ses photos et ses histoires.
Cathy fait du crumble et me doit une recette de canelés.
Manu fonde le mouvement des féministes punks auquel j'adhère à cause du slogan "casse moi pas les couilles"
Cath arrive en retard au Vinatier et oublie ses affaires chez moi comme d'habitude.
Juillev regarde les choses de son oeil tendre.
Mrs Clooney pousse les coups de gueule à ma place.
Olympe écrit et c'est bien.
Tes reins et terroirs refuse le beaujolais nouveau. Ca se respecte.
Hypos s'énerve et j'aime ça.

Juste quelques petits liens avec quelques tronches de cakes que j'aime bien.
Il y a des week-ends qui démarrent tranquillement et t'amènent des choses que tu n'aurais même pas osé imaginer.
Des locaux tous neufs tous beaux à la Fédération PS du Rhône.
Un futur outil collaboratif très Web 2.0 pour les militants et les sympathisants.
Un match de foot qui déclenche un fou rire comme tu n'as pas eu depuis longtemps.
Une visite au musée des Beaux Arts pour une exposition sur les Modernes qui va t'aider à mieux appréhender la Biennale quand tu te décideras à y aller.
Le pire film de l'année, Trésor, qu'il vaut mieux oublier pour ne pas ternir la mémoire de feu Claude Berri.
Une bière au Damier des Terreaux.
Des crevette à l'ail.
Du boudin aux pommes.
Des statues dans le cloitre du musée.
Une note sur l'air du temps si doux en cette mi-novembre.
Une note sur trois notes de musique.
Une note pour faire du lien parce que le lien c'est la vie.
Une note pour parler de tout et de rien, de rien surtout.
Pas de choses qui fâchent.
Donc pas de politique aujourd'hui ni dans les jours à venir.
Les chiens aboient, la caravane passe.
Je me sens tout à fait d'humeur caravanière en ce moment.
Genre fille du bédouin.
Voiles et sequins.
Et je cherche des rimes.
En euse comme blagueuse.
En oi comme doigt.
En oui, comme... oui bien sûr.

Photo Mel Karch.
Musique : Gilles Peterson

13 nov. 2009

Proust et HLM

Ce matin en partant au travail, j’écoutais ma madeleine à moi.
Vincent Josse sur France Inter.
Il était question de la vente Bergé-St Laurent.
Les meubles de leur propriété de Deauville vendus au profit de la recherche contre le SIDA.
Pour se sentir bien, St Laurent avait voulu que cette maison soit décorée dans le style Proust.
Luxe Calme et Volupté.
C’est important un beau décor.
Ca nourrit l’intellect.
Il faut toujours soigner son cadre de vie.
Au moment où j’écoutais cela, je traversais le quartier Mermoz.
Un coin de l’arrondissement rempli de logements sociaux coincés entre l’autopont d’où déboulent chaque jour des centaines de voitures (dont la mienne), coupé en deux par l’avenue du même nom.
La réhabilitation du quartier est prévue.
Elle a même commencé.
Les habitants sont des gens qui n’ont pas les moyens de se payer du beau.
Bien contents d’avoir un logement même moche.
Leurs meubles doivent venir de la grande surface du coin.
Quand ils s’écroulent dans leur fauteuil après une journée de travail ou de chomage, c’est selon, ils n’ont pas de toiles de maître en face d’eux histoire de se nourrir le cerveau.
La télé sans doute avec une antenne parabolique pour voir les chaînes de là bas.
Ces habitants sont souvent des français venus d’ailleurs.
La morale de cette histoire ?
J’en ai pas en fait.
Juste demander à ceux qui vont s’occuper de remettre ce quartier en état de penser à y mettre beaucoup de rose.
La couleur préférée de Proust.
Ca permettra peut être de mettre un peu de poésie et de beauté dans la vie de ceux qui n’en n’ont pas.
Tout simplement.
Et leur donner aussi peut-être  l'occasion de se sentir un peu plus français.

12 nov. 2009

La domination masculine

Mardi soir, Olympe m'a invitée a assister à l'avante première du film de Patric Jean en compagnie de Luciamel. Notre ami Sarkofrance se trouvait aussi dans la salle.
Le titre du film est le même que celui du livre de Pierre Bourdieu mais il parait qu'il n'y a aucun rapport.
Ce film mal tricoté, c'est le moins que l'on puisse dire, a été réalisé par un homme, un jeune homme de surcroit. Un homme qui a voulu montrer de façon assez schématique combien les hommes étaient "méchants" vis à vis des femmes. Et c'est vrai qu'ils le sont. Parfois. Souvent. Minute émotion au sujet des femmes battues. Toutes celles qui, comme moi, ont rencontré un jour la violence, se sentiront forcément concernées.
Film mal tricoté donc parce que s'adressant à un public francophone. On passe donc du Canada à la France via la Belgique et par conséquent certaines références (surtout les canadiennes) ne nous parlent pas forcément.
Film mal tricoté parce que, à mon avis, mal monté.
Donc un peu chiant. J'ai même failli m'endormir.
De plus UGC (ma bête noire à Lyon) a trempé dans l'affaire alors le réalisateur peut dire ce qu'il veut, je ne suis pas certaine qu'on lui ai laissé toute latitude pour exprimer ce qu'il voulait.
Une fois toutes les critiques posées, je dirait tout simplement que ce film a le mérite d'exister et celui de créer le débat.
Et le débat auquel il nous a été données d'assister ce soir là fut très intéressant.
Françoise Héritier et Catherine Vidal, les scientifiques.
Florence Montreynaud et Caroline de Haas, les féministes.
Toutes 4 se sont chargées de nous remettre les pendules à l'heure.
Non il n'y a aucune raison valable à la domination masculine.
Oui plus que jamais le combat des femmes est nécessaire.
Non les choses ne sont pas écrites à la naissance.
Oui c'est la société qui fait de nous des hommes et des femmes stéréotypés.
Non le combat n'est pas fini.
Oui il faut rester toujours vigilants.
Le film sort en salles le 25 novembre.  Même mal fichu comme il est, je le conseille à tous ceux, hommes et femmes, qui ont envie de réfléchir sur cette fameuse condition. Tout simplement.
.
P.S. Sarkofrance, très remué par le sujet, nous demande de lui fournir des preuves du machisme de nos (ex) conjoints. Mon (ex) mari était un macho dans toute sa splendeur. Gentil mais macho. Jaloux, possessif et volage.(Mauvais exemple).
Juste une anecdote en tête ce matin provenant de mon dernier compagnon. Un jour de vacances où je cherchais notre route sur une carte (à l'encontre de son sacré saint GPS) il m'a déclaré que les femmes ne savaient pas lire les cartes routières. J'en souris encore. Effectivement, au XXIème siècle, il y a encore des hommes persuadés que ce n'est pas écrit dans les gênes des femmes cette option là.
Modification du 13 novembre (c'est la St Brice au fait) : deux ex-compagnons violents ça suffira comme ça.





6 nov. 2009

Départ


"Je hais les voyages et les explorateurs. Et voici que je m'apprête à raconter mes expéditions. Mais que de temps pour m'y résoudre".
C'est ainsi que commence Tristes Tropiques que je viens de retrouver très facilement en définitive.
La page 42 est marquée. Quelqu'un avait du commencer à le lire. Mon ex-mari sans doute. Des photos de femmes Caduveo au visage peint.
Vers la fin du livre "Le monde a commencé sans l'homme et il s'achèvera sans lui. Les institutions, les moeurs et les coutumes, que j'aurai passé ma vie à inventorier et à comprendre, sont une efflorescence passagère d'une création par rapport à laquelle elles ne possèdent aucun sens, sinon peut-être celui de permettre à l'humanité d'y jouer son rôle."
Je hais les voyages moi aussi. J'ai toujours l'impression qu'on m'arrache quelque chose quand je pars de chez moi et pourtant, une fois partie, le bonheur de la découverte et du partage se font sentir et j'oublie vite cette sensation désagréable.

Demain je prendrai le train pour Paris. Quelques jours de congés forcés (la crise est passée par la zone industrielle, c'est confirmé) me permettent de monter voir mes parents (la santé de mon père va en se dégradant) et bien sûr les amis éparpillés aux 4 coins de la capitale.
Je viens de m'apercevoir que je serais là bas pour célébrer la chute du mur de Berlin et je trouverai bien quelque chose à faire dans la liste des manifestations que Fabien nous a concoctée.
Sans doute une visite à Beaubourg pour Soulages.
Et un hommage à Miles Davis si je peux.
Et demain soir, à peine débarquée, en route pour la Comète.
On nous annonce un invité surprise dont j'ai du mal à croire qu'il vienne juste pour moi.
Allez encore un petit coup de Levi Strauss pour la route : "Chez les Nambikwara, le pouvoir politique n'est pas héréditaire. Quand un chef devient vieux, tombe malade et se sent incapable d'assumer plus longtemps ses lourdes fonctions" il choisit lui même son successeur "celui-ci sera le chef".

 Photo de Miles Davis trouvé chez Il est 5 heures.