L'important, est-ce la rose ?

Cette année, je fête un peu plus d'une décade d'appartenance au Parti Socialiste.
10 ans ! Pour moi c'est comme si c'était hier. Ségolène Royal, Sarkozy, l'adhésion à 20 euros, toutes ces choses qui ont fait que j'ai franchi le pas un jour.
Le pas de la porte de la section de Lyon 8ème où je me suis retrouvée au milieu des nombreux nouveaux militants qui étaient venus là parce que Ségolène Royal et son pacte présidentiel leur paraissait la meilleure solution pour mener la gauche au pouvoir.
On connait la suite.
Pendant 10 ans, le PS a été ma famille. Une famille un peu mal fichue comme beaucoup d'autres, où tout le monde s'engueule pour un oui ou plutôt pour un non, où les plus vieux mettent des coups sur la tête des plus jeunes, ou les jeunes se chamaillent pour une place, où certains réussissent et d'autres pas.
Comme ailleurs.

Hier, il y avait réunion de section chez nous pour préparer les primaires. Il manquait du monde. Il faut dire qu'à Lyon la situation n'est pas facile. Notre Maire, Notre 1er fédéral sont ouvertement ralliés à Macron et ont appelé à ne pas voter aux Primaires. Certains ont choisi, d'autres pas.

Notre secrétaire de Section s'est voulu gardien du temple socialiste mais on sentait bien que, chez les présents, le coeur n'y était pas vraiment. Tout le monde s'est raccroché aux valeurs de gauche qui avaient présidées à notre engagement*, jeunes comme plus vieux. On a décidé d'attendre le résultat des Primaires et on verra ensuite, un peu coincés aux entournures. Chacun choisira le candidat dont le programme lui parait correspondre le plus à sa sensibilité et il y a le choix.

Ah s'il n'y avait pas Macron et Mélenchon  pour empêcher la machine de tourner. A vide mais bon vu que le changement ça n'a pas été maintenant avec Hollande il va peut-être bien falloir accepter l'idée que certains n'aient pas envie de continuer à se laisser ensevelir et que le vieux renard et le jeune loup n'aient pas envie de se soumettre à un système qui tourne à vide depuis longtemps, rongé par tant de dissensions...


On a bu un coup et on est rentrés chez nous pour regarder le débat.
Moi j'ai vu le début et puis un problème domestique m'a empêchée de voir la fin. J'ai le sentiment ce matin que ce débat où a pesé lourdement l'absence de Macron n'a pas convaincu grand monde.
Je me sens un peu désenchantée et je ne dois pas être la seule.

Le PS avait besoin d'un bon coup de pied aux fesses et il est en train de se le prendre. Je ne peux que souhaiter qu'il s'en sorte mais je sens que ça va être encore compliqué. Le bruit commence à courir qu'on va finir par se retrouver avec un congrès d'Epinay bis, Macron remplaçant Mitterrand. Pourquoi pas ? C'est à réfléchir mais en attendant j'ai bien peur qu'à terme on soit obligés, en fonction de nos choix, de faire campagne pour les présidentielles en ordre dispersé et je vous avoue que la perspective de me retrouver sur les marchés en face de mes camarades me consterne au plus haut point. 



*Mais finalement ces valeurs c'est quoi ?
"Atténuer les inégalités en développant le niveau d'éducation, les équipements et services publics, la protection sociale, sanitaire, etc.." c'est écrit ici. Et puis lisez la suite pendant que vous y êtes. Tout y est, la mondialisation, libéralisme, modèles nordiques qui ne fonctionnent pas ailleurs, retard, globalisation, perte de cap, navigation à vue... le navire de la social-démocratie va mal on s'en est rendu compte.
Alors quoi ?




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