14 mars 2013

Les idées fausses ça suffit

L'immigration et la population issue de celle-ci est un sujet qui travaille beaucoup de nos concitoyens.
En particulier celle qui vient du Maghreb.
C'est un sujet dont on me rebat les oreilles régulièrement.
Avec un joyeux amalgame puisqu'on part du principe que toute tête un peu basanée et bien sûr louche (Coluche si tu me lis...) est forcément un déliquant. D'ailleurs tout le monde a eu affaire à un de ces types qui lui a pourri la vie ou bien l'a attaqué dans la rue.
Evidemment qu'il y en a de la déliquance, il faudrait être aveugle pour ne pas la voir mais personne ne voit pourquoi. Ou ne veut pas le voir. Des jeunes entassés dans des cités avec un avenir pourri n'ont pas forcément vocation à devenir des enfants de choeur. La pauvreté est aussi un facteur déclenchant. Double peine quoi.
Suite à une énième conversation à ce sujet ("je ne suis pas raciste mais...") cette semaine, je suis tombée sur la campagne d'ATD QUART MONDE contre les idées reçues sur la pauvreté.
Et à l'intérieur du dossier, les idées fausses sur l'immigration.
Quelques idées que je rappelle ici.
Si vous voulez lire le reste c'est ICI pour les idées fausses ça suffit.




« L’immigration augmente d’année en année en France »
Faux.
La proportion d’immigrés [1] se situait en 1931 à 6,6%. Elle a décru jusqu’à la guerre et cru pendant les 30 Glorieuses pour atteindre 7,4% en 1975, restant à ce niveau jusqu’en 1999 et croissant légèrement jusqu’à 8,4% en 2008 www.insee.fr/fr/themes/table…
« Si on renvoyait les immigrés dans leur pays, il y aurait moins de chômage en France » ou « Les immigrés prennent des emplois aux Français »
Faux.
Globalement, la présence des populations de nationalité étrangère en France crée de la richesse et donc de l’emploi, grâce à l’apport de consommation, d’impôts et de cotisations (voir 9-6)). Les étrangers sont aussi consommateurs, ils créent une demande supplémentaire et des emplois. Les études montrent que les migrants arrivant créent leurs propres emplois. « En imaginant une augmentation de 10% du flux d’immigration au Royaume-Uni en 2007, le taux de chômage n’augmenterait alors que de 0,01 point au bout de 13 ans.

« La France est un des pays d’Europe qui accueille le plus d’immigrés »
Faux.
« Avec un taux d’accroissement naturel de 4 pour 1000 et un taux d’accroissement migratoire de 1 pour 1000, la France est le pays d’Europe dont la croissance démographique annuelle dépend le moins de l’immigration » (tableau 2 page 2 du document « Cinq idées reçues sur l’immigration », source INED pour l’année 2001). En 2010, la part des personnes immigrées sur la population totale s’élevait à : Autriche (16 %), Suède (14 %), Espagne (14 %), États-Unis (13 %), Allemagne (13 %), France (11 %) [2], Pays-Bas (10 %), Royaume-Uni (10 %), Belgique (9 %), Italie (7 %) (source INED,http://bit.ly/hK5Qrp).

« Les familles immigrées font beaucoup plus d’enfants que les familles françaises natives »
Pas tant que cela.
« Dans la période 1991-1998, le nombre moyen d’enfants par femme était de 1,65 pour les seules françaises natives. Les femmes immigrées avaient en moyenne 2,2 enfants (source document « Cinq idées reçues sur l’immigration », INED, 2004)

« La France accueille toute la misère du monde »
(sous-entendu : « Ce sont les populations les plus pauvres qui immigrent en France »)
Faux.
« Dans l’ensemble, les migrants représentent par rapport aux non-migrants de la société d’origine une population sélectionnée : en meilleure santé, plus instruite, plus entreprenante, dotée d’un minimum de ressources » (source document « Cinq idées reçues sur l’immigration », INED, 2004). La part des immigrés diplômés de l’enseignement supérieur est passée de 12 à 25% entre 1990 et 2007. La moyenne nationale est de 29%

Vrai.
Mais elle rapporte 60 milliards d’euros en impôts et cotisations sociales chaque année (source ministère de la Santé et des affaires sociales et étude de l’université de Lille-II de juillet 2010, voir http://dailleursnoussommesdici.org/…). La population immigrée est en moyenne plus jeune et en bonne santé que les autres habitants de la France. Or dans les prestations sociales la maladie pèse 47% et la retraite 31% (les autres dépenses étant les allocations chômage, le RSA, les allocations logement et les allocations familiales). La population immigrée est donc une chance pour aider au paiement des retraites.
En moyenne, la contribution nette de chaque immigré (différence entre ce qu’il verse et ce qu’il reçoit en impôts et cotisations sociales) est de l’ordre de 1500 € par an.
Voir « Migrations et protection sociale : étude sur les liens et les impacts de court et long terme » (ministère de l’Emploi, 2010, http://bit.ly/wo0Jxt), ainsi que www.telos-eu.com/fr/article/… (« En l’absence de l’immigration, le besoin de financement de la protection sociale en France augmenterait de 2 points de Produit Intérieur Brut (PIB) ».
Bien sûr, l’apport de l’immigration à notre pays ne se limite pas à cet aspect comptable. Il est aussi et surtout humain, culturel, scientifique, artistique, etc.

« Les étrangers peuvent profiter facilement des minima sociaux. »
Il faut être en possession d’un titre de séjour et d’une carte de travail depuis au moins cinq ans pour bénéficier du RSA si on est natif d’un pays extérieur à l’Union européenne.

« Les étrangers augmentent la délinquance »
12,7% du nombre de condamnés sont étrangers (source : ministère de la Justice), alors qu’ils représentent environ 8% de la population de la France). L’écart n’est pas si important que veulent le faire croire certains hommes politiques.


Toutes ces idées sont propagées quotidiennement par l'extrême droite via les mails, réseaux sociaux etc... et à force finissent par s'insinuer sournoisement dans les esprits. Racisme sournois qui ne sert que les extrêmes, tachons pas de pas l'oublier.

Quant à la pauvreté, on est sauvés. On a un pape des pauvres depuis hier soir. Comptons sur lui pour règler la situation, il a l'air d'en avoir envie.



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6 mars 2013

Savary et ma jeunesse (minute nostalgie)

Quand j’étais jeune, j’ai eu l’occasion de croiser le Grand Magic Circus.
C’était après 68 à la Fac de Nanterre.
J’ai croisé aussi les Martin Circus – ceux qui s’éclataient au Senegal avec une copine de cheval – mais c’est une autre histoire.
J’ai trouvé ça drôle mais j’avoue que ce n’est pas cette expérience qui m’a fait aimer le theatre.
Quelques années plus tard j’ai retrouvé Savary au Théâtre de Chaillot.
Les rustres de Goldoni avec Dominique Lavanant se baladant avec des pattes de canard.
Je n’ai pas trouvé ça drôle du tout et j’ai décidé que Savary n’était n’était pas ma tasse de thé.
A l’époque j’habitais Paris et du coup j’ai loupé son époque lyonnaise au Théâtre du 8ème qui est devenu la Maison de la Danse.
Peut-être que j’ai loupé quelque chose.
Même que dans les années 80 j'ai refusé une offre de travail à Chaillot (mais ça aussi c'est autre chose).
En attendant, l’annonce de son décès m’a fait une drôle d’impression hier.
Comme si une partie de ma jeunesse s’en était allée avec lui.
La parenthèse enchantée des années 70 où on a pensé que tout était possible.
Les jeunes d’aujourd’hui n’ont pas cette chance et moi j'ai bien l'impression de ne pas avoir su en profiter.




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