La possibilité d'une ville

Je sors d'une réunion en Mairie dont le thème était "Le projet d'Aménagement et de Développement Durable".
Une réunion visant à informer, sous forme d'ateliers,  les membres des Conseils de Quartier de notre arrondissement des enjeux de la révision du PLU-H et des orientations pour le projet d'aménagement et de développement durable nous/les concernant.
Une réunion pleine d'acronymes et de termes techniques pour nous expliquer les règles d'usage des sols sur l'ensemble du territoire communautaire. Règles elles-même partant d'objectifs définies en concertation par la Ville de Lyon et la Communauté Urbaine amenant à une révision générale du PLU-H qui doit être approuvé en 2016.
Ce même PLU-H devant être compatible avec le SCOT lui-même approuvé en 2010 et fixant les grandes orientations de développement du territoire de l'agglomération lyonnaise jusqu'en 2030.

J'arrête là car pour une fois que j'écris je ne veux pas décourager les quelques lecteurs qui s'égareront ici mais sachez que dans ce plan de développement il est question d'économie, de logement, d'environnement, de solidarité sociale et spatiale.

Comme beaucoup de personnes présentes, j'ai réfléchis à la configuration du 8ème arrondissement, à ce qu'on pouvait faire ou pas et avec pas mal de questions sur l'évolution future d'un lieu que nous ne verrions sans doute pas pour les plus vieux.
J'ai pensé qu'on avait parlé de beaucoup de choses nous touchant directement  mais pas de la forme. Comment la voulions nous cette ville ? Quelle architecture ? Comment y vivre ? Avec qui ? On a évoqué la mixité sociale, la mixité intergénérationnelle, la mixité fonctionnelle. Mais une ville ce n'est pas un shaker qu'on secoue pour tout mélanger, il faut souvent forcer les choses pour apprendre à bien vivre ensemble.

Bref je prends ma voiture pour rentrer. Il était passé 20 heures et sur France Inter il y avait l'Humeur Vagabonde de Kathleen Evin. Une émission que j'adore écouter la nuit dans en roulant dans la ville. Et ce soir, O hasard heureux, l'invité était l'urbaniste Jacques Ferrier pour son livre "La possibilité d'une ville: les cinq sens et l'architecture" paru aux éditions Arléa le 3 janvier 2013.

Et la question qui allait avec mes interrogations : "qu'est ce que c'est que l'architecture durable ?".

Je reprends tout simplement la présentation de l'émission :

"Naïvement nous pourrions répondre : est évidemment durable une construction que nous avons eu envie de conserver, à travers les âges, pour le plaisir des yeux ou pour le bonheur d’y vivre. Par exemple les Salines royales d’Arc et Senans, ou les jolies maisons lyonnaises des quais de Saône, le passage Pommeraye à Nantes comme les vieux hôtels du Marais à Paris. Mais, depuis une bonne décennie, l’architecture durable est celle qui répond aux nouvelles exigences environnementales, les normes techniques imposant matériaux, formes et même modes de vie. En 2008, au Pavillon de l’Arsenal à Paris, une exposition avait tenté d’offrir au public une autre vision de cette nouvelle architecture, recentrée autour de ses utilisateurs, de leurs envies de quartiers, de services, de diversité, de nature.

Jacques Ferrier, urbaniste et architecte faisait partie de ses concepteurs, lui qui a toujours voulu réaliser des constructions ressemblant à ceux pour qui il les imaginait. Depuis son premier bâtiment, réalisé pour un laboratoire de l’Ecole des Mines, jusqu'au Pavillon français de l’exposition universelle de Shangaï en 2010, il milite pour moins d’architecture spectaculaire et plus de prise en compte du facteur humain, allant jusqu’à faire du plaisir à habiter un lieu le cœur de sa réflexion sur la ville. Alors qu’il est actuellement en charge du design des futures gares du Grand Paris, il publie chez Arléa « La possibilité d’une ville », un plaidoyer pour en finir avec les univers urbains sans qualité."

A terme, 70 % de la population humaine va vivre en ville. Alors le durable est une notion très importante. Ferrier y rajoute cependant une idée qui peut paraître saugrenue : celle du plaisir. Combien de gens vivent dans des tours sans âmes et bruyantes en aimant ces endroits qui ressemblent plus à des prisons qu'à des lieux de vie. Qui a pensé en les construisant que des humains pourrait s'y épanouir. Sûrement pas des architectes qui imaginaient y vivre eux mêmes. On a construit pour combler un déficit mais jamais en pensant aux utilisateurs de ces logements.

Alors aujourd'hui, entre normes environnementales et besoin de logements, comme Jacques Ferrier, je souhaite une prise en compte de l'humain avant tout. C'est une notion qui apparait bien dans le rapport qui m'a été donné ce soir. J'espère juste que ça ne sera pas un vain mot. Pour nous et ceux qui viendront ensuite.

Pour ceux à qui ce billet aura donné envie d'en savoir plus le podcast est ICI.
L'écouter parler de villes comme Tokyo est un vrai bonheur.
Le site de Jacques Ferrier est .

Pour encore plus de plaisir : le site de la Cité Radieuse du Corbusier à Marseille et celui du Musée Urbain Tony Garnier à Lyon 8ème.

Bande son : Pauline Croze - Dans la ville



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