Chronique de Chine n° 1

Paris la nuit. La Tour Eiffel illuminée vue d'en haut.
Hong Kong le jour. Les iles, les tours, la mer, les jonques, les terminaux, les cargos.
Escale.
Départ pour Shanghai dans un avion avec un dragon sur le moteur.
Rouge le dragon bien sûr.
Tout comme la couverture que nous donne l'hôtesse.
Le rouge est bien au rendez-vous.
Shanghai la nuit. Vu d'en bas. Il faudrait toujours arriver là-bas la nuit. 
On en prend plein les yeux. New-York à la sauce Blade Runner.
On s'entasse dans un taxi qui fait un bruit bizarre.
L'énergie qui plane sur la ville te passe dans les jambes et tu oublies la fatigue du voyage.
Une douche et retour sur le Bund. Sur la terrasse du Bar Rouge exactement.
Un peu branchouille comme endroit. Fréquenté par des occidentaux plus que des chinois.
Assis sur la terrasse, tu sirotes ton mojito cubain en regardant les publicités sur les buildings en cinémascope et en anglais sur un fond de musique techno.
Bref c'est beau mais où elle est la Chine ?
La vraie.
Du côté des chauffeurs de taxi qui ne parlent pas un mot d'anglais ?
Ou bien chez les conducteurs de pousse-pousse qui ont gagné des vélos électriques grâce au progrès ?
Dans les buildings qui poussent comme des champignons ou dans les ruelles anciennes ou l'on cuisine des plats bizarres dans de sombres échoppes ?
On est bien dans un pays communiste ici dis moi ?Tant que tu ne fais pas de politique, tu fais ce que tu veux, du pognon en particulier.
De quoi te payer ton appartement et une belle voiture.
Que tu paieras avec de beaux billets qui ont la tête de Mao dessus.
La Chine en fait c'est comme partout.
Ni pire ni mieux. Juste un peu plus peuplée qu'ailleurs.
Très excitante car tu sais bien que quoi que tu fasses et où que tu ailles tu n'en saisiras qu'une parcelle et encore.
Indescriptible.
What's your best price ?
Celui indiqué sur la calculette mais divisé par 3.
Le juste montant, celui qui permettra aux deux parties de ne pas perdre la face.
Le plateau de la table tourne. Tu attrapes un peu de thé et des crevettes avec tes baguettes que tu vas vite remplacer par une fourchette.
Il faut se dépêcher, les restaurants ferment tôt. 22 heures et hop au lit, la journée a commencé tôt.
Pour rejoindre l'hôtel, un tour dans les rues désertes. Insécurité disent-ils ? Jamais une seule seconde tu ne sentiras la moindre appréhension.
Tu feras juste attention qu'on ne te crache pas sur les pieds.
Car le chinois crache figure toi. La première fois ça t'étonne et après tu t'habitues.
Comme tu vas t'habituer à la chaleur, à l'humidité, au bruit surtout car les habitants de la 2ème puissance économique mondiale sont très bavards et parlent fort, très fort.
Et ça c'est pas du tout indiqué sur le Guide du Routard...



Source Photos : Life Magazine.



Commentaires

  1. baillergeau00:21

    Le Rouge.
    Le rouge du drapeau de l'empereur Mao, communiste comme mon chien ou comme Doriot.
    Le rouge du volcan capitaliste en surchauffe.
    Le rouge des marques des dizaines de millions de prisonners à vie.
    Le rouge de la petite fille premier enfant qui meure à l'ombre du secret des maisons.

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