31 juil. 2009

L'affaire Karachi

Cette affaire a été relayée par beaucoup de blogs avant le mien. Je viens apporter ma petite pierre à l'édifice. Une affaire pour laquelle la levée du secret défense a été demandée mais qui fait rire le chef de l'Etat.
Tout se trouve sur le site du collectif des familles des victimes décédées dans l'attentat de Karachi en Juillet 2002. Un désir de vérité parfaitement justifié il me semble. Une pétition à signer si vous voulez les soutenir.
Pour faire court, voici un extrait trouvé là bas :

Le 19 Juin 2009, question d’un journaliste à Nicolas Sarkozy :

« Selon les informations qui ont été rapportées hier à la suite d’une réunion entre les parties civiles dans l’attentat de Karachi et les juges d’instruction, il semblerait que l’origine de l’attentat ne soit pas due à un acte terroriste mais plutôt à des représailles de l’Etat pakistanais après le non versement de commissions. On parle même de rétro-commissions qui auraient pu alimenter la campagne d’Edouard Balladur en 1995. Est-ce que en tant que ministre du Budget, vous avez été au courant de tels accords ? »

Réponse de Nicolas Sarkozy, après un léger rire:

« C’était pas la peine de vous mettre à ma droite pour parler de ça, franchement. Enfin écoutez c’est ridicule. Franchement, monsieur, franchement c’est ridicule. Pas vous, hein, je me permettrais pas, je vous respecte mais enfin écoutez. Soit il y a des éléments, donnez-les nous. (Balbutiements). C’est grotesque, voilà, c’est ma réponse. Alors qu’est-ce que vous voulez que je vous dise. Raisonnement: Pour son financement Monsieur Balladur aurait accepté des commissions qui n’auraient pas été payées ensuite et ça a donné Karachi… Mais enfin, respectons la douleur des victimes. S’il vous plaît mais qui peut croire à une fable pareille. Qui peut croire à une fable pareille. Et puis si vous avez des éléments donnez-les à la justice et demandez à la justice qu’ils enquêtent. Mais enfin franchement qu’est-ce que vous voulez que je réponde là-dessus. Mais, honnêtement, qu’est-ce que vous voulez que je réponde là-dessus. Y a 14 ans, de surcroît. On est dans un monde où tout se sait, où la notion de secret d’Etat n’existe plus. 14 ans après vous venez me poser la question: ‘est-ce que vous êtes au courant de rétrocommissions qui auraient pas été versées à des Pakistanais dans le cadre de la campagne de Monsieur Balladur’. Et vous, vous étiez pas au courant non plus, non ? Vous, vous, vous étiez peut-être journaliste à cette époque, peut-être à ce moment là je vous aurais… non, mais je ne vous en veux pas mais enfin écoutez franchement. (Soupir). Enfin, si y a un braquage à Bruxelles aujourd’hui, j’y étais… (rires dans le public) c’est incontestable. »Nicolas Sarkozy se met alors à rire avant de reprendre: « Non pardon, hein, je ris pas du tout parce que Karachi c’est la douleur de familles et de trucs comme ça… mais… qu’est-ce que vous voulez que j’aille répondre là-dessus. »

Ben oui Nicolas, qui peut croire à une fable pareille. Personne, juste quelques juges et des familles qui trouvent intolérable de penser que leurs proches soient morts pour une sombre histoire d'argent devant servir à financer une campagne électorale...


28 juil. 2009

Longtemps j'ai cru que Merce Cunningham était une femme







Le chorégraphe américain Merce Cunningham est décédé le 26 juillet à Manhattan, à 90 ans. La nouvelle a été annoncée le 27 juillet par la Cunningham Dance Foundation.

Un chorégraphe qui s'en va, c'est comme un poète qui disparait. La flamme s'éteint mais la lumière reste. En ce moment, je reste souvent à ma fenêtre. Je regarde le ciel et les nuages qui passent. Les jours raccourcissent et l'été a déjà pris du plomb dans l'aile. Les vacances approchent et la famille se prépare à faire la noce ce week-end. Retrouvaille avec les anciens et les plus jeunes. Encore une semaine à regarder le ciel et partir vers d'autres horizons. Pieds dans l'eau et chien tout fou sur la plage. Les années se suivent et ne se ressemblent pas. C'est tant mieux finalement. Il vaut mieux déchirer certaines pages de mauvais romans et en réécrire d'autres. Plus belles, plus lumineuses. Et ranger les vieilles photos dans des boites poussiéreuses avec celles des autres étés. Et regarder les nouvelles. Instants précieux qui passent et qu'on voudrait graver dans sa mémoire à tout jamais. Prendre le temps. C'est important. Et faire un pas de danse sur le trottoir en souriant aux passants. J'aurais tant aimé que la vie soit une comédie musicale finalement...

27 juil. 2009

Y'a pas de malaise

De nos jours et de moi z'à vous
Y a du malaise un peu partout
On n'entend parler que de crise
Et partout la bonne humeur agonise
Y a notre franc qui est pas gaillard
Not'camembert qui est bien faiblard
Même nos poulets ont la cuisse molle
Et mon clébard m'adresse plus la parole
Y a un malaise chez les paysans
Chez les cadres et les artisans
Et les patrons trouvent pas marrant
Que le caviar ait pris le goût du hareng
Le déficit va s'envenimer
Des salauds s'arrêtent de fumer
Et pour l'état ça devient tragique
On n'a déjà plus tellement d'alcooliques

Mais quand on baise
Y a pas de malaise
Qu'on soit prolétaire ou bourgeois
Qu'on aime le rock ou la java
Mais quand on baise
Tout le monde dit
C'est là qu'on est le plus dégourdi

La France a une maladie de peau
Qui est provoquée par les impôts
Et pour prévenir l'inflation
Y a Dieu merci nos dévaluations
Les japonais qui triomphaient
Ont vu de quel bois on se chauffait
Ils ne doivent qu'à notre pitié
Qu'on les a pas massacrés à Poitiers
Même les amerloques se complaisent
A augmenter notre malaise
Le cassoulet et le bâtard
Faudra bientôt payer en dollars
Y a que par nos plages polluées
Que les allemands sont attirées
Et si on prend les marks teutons
C'est parce qu'on veut bien soigner leurs boutons

Mais quand on baise....

Toutes les minettes prennent la pilule
Y a la natalité qui recule
Comment former nos bataillons ?
Même les jeunots veulent plus faire les troufions
Y a ceux qui ont pas de boulot qui en crèvent
Ceux qui en ont trop qui se foutent en grève
Et ceux qui trouvent c'est plus commode
Que les immigrés ne sont plus à la mode
Y a bien le Tchad et le Liban
Nous on désapprouve ce qu'ils font
Tout ce qu'on peut faire c'est leur vendre des canons
Y paraît pour la prochaine guerre
Qu'on a une force nucléaire
Si par malheur nos fusées partent
On peut rayer Châteauroux de la carte

Mais quand on baise....

Conseil du jour : Nicolas arrête de courir et baise un peu plus !

Sinon, pour continuer à rire, je vous conseille cette petite note chez Romain.

Paroles : Pierre Perret
Photo Ouest France.
Désolée mais j'ai pas trouvé la vidéo.

25 juil. 2009

Liste de choses qui peuvent être utiles à un poète




Des choses qui ne sont pas loin d’ici
Des choses inaccessibles hors-jeu

Des choses qui peuvent être parlées clairement
Des choses en schizolangouie

Des choses perdues dans le Sahara
Des choses en vent des déserts

Des choses qui veulent rien dire
Et puis tout dire en même temps

Des choses qui sont plus exquises que d’autres
Plus exquises et plus sublimes que d’autres

Des choses qui on l’air honnête sans aucun doute
Des choses qui nous font des clins de zoeil

Des choses qui sont sur un piédestal
Des choses qui font des pieds de nez

Des choses qui donnent de l’espoir
Et encore de l’espoir et encore de l’espoir

Des choses qui sont meilleures qu’elles en ont l’air
Des choses pourries et moisies

Des choses qui sont enterrées dans le sol
Enfouies au cœur de la terre ou de l’homme

Des choses qui devraient être cueillies aujourd’hui
Ou demain s’il ne pleut pas

Des choses qui sont pas croyables
Des choses qui sont pas croyables

Des choses qui sont en plus dans l’univers
Des choses qui sont hors de l’univers

Des choses dont la majesté est sublime
Des choses qui ressemblent à rien

Des choses qui devraient faire pleurer
Et puis rire et pleurer de rire en doux fourire

Des choses qui sont inutiles
Des choses très inutiles

Des choses dont la solitude fait peur
Des choses dont la solitude émeut

Des choses comme des fleurs mais qui ne le sont pas
Des choses comme des papillons déguisés en fleurs

Des choses pleines de trous
Des choses en forme de cercles volants

Des choses sans détours
Des choses sans contours

Des choses qui vous endorment
Des choses qui vous caressent

Des choses qui refusent d’être appréhendées
Des choses qui s’envolent si on les touche

Des choses qui prétendent être des choses
Et puis bien d’autres choses

Raymond Federman
Photo : Horst P. Horst
Musique : Oxmo Puccino
Bon anniversaire Lulu.


13 juil. 2009

Inventaire paradoxal etc # 6

A force de traquer LA photo sur le net, mon oeil a fini par s'adapter et à voir dans l'objectif ce que d'autres ne voient pas. A moins que ça soit le hasard. Il y avait un air de vacances dimanche et tant pis pour la pile de trucs urgents à faire et les clients étrangers pour qui le 14 juillet ne veut strictement rien dire.

Norah Berra affirme qu'une activité politique ne constitue en rien une activité professionnelle pour justifier du fait qu'elle a continué de percevoir ses indemnités de Conseillère Municipale alors qu'elle était en arrêt de travail. Je ne sais pas combien elle touche et honnêtement je m'en fous mais je suis sûre que bon nombre de mes collègues vont faire des bons au plafond en lisant ça. Madame Berra est médecin. Normalement. Elle n'a pas pu pratiquer sa profession mais a continué à siéger en conseil d'arrondissement et conseil municipal comme si de rien n'était. Je peux en témoigner. Il doit donc y avoir maladie et maladie suivant sa propre appréciation. Par contre, je trouve que certains (?) y vont un peu fort ces derniers temps avec elle. La politique ce n'est pas forcément joli joli et on se demande qui a intérêt à la descendre, après sa fulgurente montée (mode Tour de France). Moi si j'étais elle, je regarderai du côté de mes amis plutôt que dans le camp d'en face (mode Madame Michu).
Du côté du Parti Socialiste, j'ai l'impression d'être dans un poulailler depuis hier. Ca caquète dans tous les sens entre les coqs et les poules. La poule en chef essaye de remettre de l'ordre mais à mon avis c'est mal parti pour elle. Comme laissent entendre certains (?), tout le mondre ferait bien de partir en vacances et se calmer un peu.
Pendant ce temps Sarko... ah non tiens, pas envie de me faire une irruption de boutons en ce moment à l'approche des congés payés (pour encore combien de temps ?)...
Photo : Juillev

11 juil. 2009

Inventaire paradoxal etc # 5

Il fait grand beau temps sur Lyon aujourd'hui. Je viens de sortir mon chien pour notre tour habituel le long de la Manufacture des Tabacs.
Il est revenu avec un oiseau mort dans la gueule. J'ai eu le plus grand mal du monde à le lui arracher et je l'ai déposé dans la poubelle au coin de la rue. En revenant chez moi j'ai trouvé un livre d'Hervé Guibert sur le bord d'une fenêtre "à l'ami qui ne m'a pas sauvé la vie". Je vous livre ici le contenu de la première page :
"J'ai eu le sida pendant trois mois. Plus exactement, j'ai cru pendant trois mois que j'était condamné par cette maladie mortelle qu'on appelle le sida. Or je ne me faisais pas d'idées, j'étais réellement atteint, le test qui s'était avéré positif en témoignait, ainsi que des analyses qui avaient démontré que mon sang amorçait un processus de faillite. Mais au bout de trois mois un hasard extraordinaire me fit croire et me donna quasiment l'assurance que je pourrais échapper à cette maladie que tout le monde donnait encore pour incurable. De même que je n'avais avoué à personne sauf aux amis qui se comptent sur les doigts d'une main que j'étais condamné, je n'avouais à personne, sauf à ces quelques amis, que j'allais m'en tirer, que je serais, par ce hasard extraordinaire, un des premiers survivants au monde de cette maladie inexorable."
J'aurai pu tomber sur quelque chose de plus léger quand même.
Et puis sur le site dédié à cet écrivain, sa voix et les images fantômes.
Selon son souhait, il a été enterré le 3 janvier 1992 sur l'ile d'Elbe. Quel bel endroit pour se reposer à jamais.
Cet après-midi, quand le rush du départ en vacances aura un peu faibli, je partirai ailleurs. "Et puis l'inévitable clairière amie" chantait Alain Bashung dans Venus. Hier quelqu'un a préparé une clairière pour moi toute la journée, je ne vais quand même pas manquer ça.
Et tant pis pour les sapeur-pompiers de la Guillotière, je ne les verrai pas en Chippendale cette année mais je penserai bien à eux quand même.
Paradoxe du jour ? Rien que du bonheur en fait.



10 juil. 2009

Fait divers en plein été

Il y a une semaine, une jeune fille de la banlieue lyonnaise est morte étranglée et brûlée dans une cave d'immeuble dans l'indifférence générale.

Je m'associe à l'Association Ni Putes Ni Soumises pour demander que toute la lumière soit faite rapidement au sujet de ce drame et que justice lui soit rendue. Pour éviter peut être que ce genre de chose se reproduise. Peut être.



8 juil. 2009

On ne lâche rien...


C'est juste un commentaire que Lediazec a laissé hier chez Mrs Clooney qui m'a interpellée ce matin.
Sans doute parce qu'en ce moment je n'ai pas d'autres soucis que ceux que je me créée.
Et que le besoin de vacances se fait sentir.

Photo : Betty Grable




2 juil. 2009

Inventaire paradoxal etc # 4


Petit plaisir : Les Potins d'Angèle (notre Canard Enchaîné à nous) ont sorti leur classement des blogueurs politiques lyonnais.
Voilà-t-y pas que je me retrouve classée 2ème avec 53 points, juste derrière Romain (54 points) et devant Erick (51 points). Grande satisfaction j'avoue pour quelqu'un qui n'a jamais été dans les premières places à l'école. Super contente surtout d'avoir la meilleure note concernant le visuel. Ce blog entière fabriqué par moi même à la maison avec mes petits bras même pas musclés et sans l'aide d'un pro du html fait partie des quelques petites choses dont je suis fière. On me reproche de ne pas être assez lyonnaise. Les potins locaux ne m'intéressent pas en fait. Je les laisse aux spécialistes. Il faudra pourtant que j'écrive un jour à quel point j'aime cette ville et ses habitants. Je me rappelle, il y a environ 10 ans, j'étais en train de m'y installer et un matin en voyant les couleurs ocres des maisons des bords de Saône, j'ai pensé que c'était l'une des plus belles villes du monde. Une ville pas facile d'accès, qui ne se donne pas facilement, qu'il faut mériter. J'aime Lyon d'amour sincère. L'ancienne parisienne que je suis y a trouvé son port d'attache.
Grande haine : le départ pour ailleurs de la très grande chorégraphe Pina Bausch qui est souvent passée à la Maison de la Danse. Un endroit magique, dédié à la chorégraphie qui jouxte la Mairie du 8ème. Un lieu où j'ai vécu de très belles émotions.
Petit plaisir : aujourd'hui ma fille Marie a 25 ans. Je l'aime cette espèce de chieuse. La vidéo dessous c'est pour elle. Je m'en vais de ce pas la lui offrir sur Facebook.