24 mars 2009

Ben voyons...

Je sors de ma torpeur pour signaler cette affiche du Front National qui prétend être « la seule formation politique en France à défendre les valeurs de justice sociale et d’humanisme ».
Marrant cette façon qu'ont les gens de droite de se servir de Jaurès.
Sarko nous l'avait fait pendant sa campagne, si je me souviens bien.
Remarquez, utiliser Hitler ou Mussolini c'est pas franchement tendance non plus.
On a les icones qu'on peut n'est ce pas ?
Sinon j'ai lu que Mme Parisot a demandé à Mr Morin de rendre ses indemnités. Allez Mr Morin soyez gentil, faites un effort, c'est la crise...
Vous pourrez les récupérer après vos millions, une fois que les choses se seront tassées quand les pauvres auront de nouveau courbé l'échine.
Les ménages ne consomment plus. Qu'est ce qu'on entend vraiment par ménage au fait ? Je dis ça parce que vu le nombre de divorcés ou célibataires que je vois autour de moi (dont moi d'ailleurs) je me demande si cette catégorie de population est considérée comme "ménage". Déjà qu'avant la crise on ne consommait pas beaucoup vu notre situation...
Darcos veut apprendre aux collégiens à se servir d'Internet : ça serait pas plutôt le contraire ?

22 mars 2009

20 mars 2009

La stratégie du choc

"Seule une crise réelle ou imaginaire peut entrainer un changement profond".

"Qu'y a-t-il de commun entre le coup d'état de Pinochet au Chili en 1973, le massacre de la place Tiananmen en 1989, l'effondrement de l'Union soviétique, le naufrage de l'épopée Solidarnösc en Pologne, les difficultés rencontrées par Mandela dans l'Afrique du Sud post-apartheid, les attentats du 11 septembre, la guerre en Irak, le tsunami qui dévasta les côtes du Sri-Lanka en 2004, le cyclone Katrina, l'année suivante, la pratique de la torture partout et en tous lieux - Abou Ghraib ou Guantanamo, aujourd' hui ? Tous ces moments de notre histoire récente, répond Naomi Klein, ont partie liée avec l'avènement d'un 'capitalisme du désastre'. Approfondissant la réflexion entamée avec son best-seller, No logo Naomi Klein dénonce, ici, documents à l'appui, l'existence, depuis plus d'un demi-siècle, de stratégies concertées pour assurer la prise de contrôle de la planète par les multiples tenants d'un ultralibéralisme qui a systématiquement mis à contribution crises, désastres ou attentats terroristes - et qui n'a pas hésité, du Chili de Pinochet à Guantanamo - à recourir à la torture sous diverses formes pour substituer aux acquis des civilisations et aux valeurs de démocratie la seule loi du marché et la barbarie de la spéculation."
La montée d’un capitalisme du désastre
de Naomi Klein
Editions Actes Sud


Naomi klein - la stratégie du choc
envoyé par masesami


On m'a signalé ce matin l'existence de ce livre paru en Mai 2008 ainsi que de cette vidéo introductive qui m'a effectivement fait l'effet d'un choc.
La critique du livre par Nicolas Cadène se trouve ICI;
J'en ai tiré cette phrase :

"Un tel ouvrage ne laisse pas indifférent et cette critique le prouve sans doute. La force de la thèse développée par Naomi Klein réside dans sa capacité à mobiliser le lecteur. Heureux de constater dans le dernier chapitre un choc qui "s’essoufle" en Amérique latine, il ne peut qu’en tirer les leçons nécessaires à sa situation propre.

Or, force est de constater que l’Europe n’est pas prémunie contre toute "stratégie du choc". Si ses peuples refusent de plus en plus le libéralisme débridée, elle ne se tourne pas moins vers le populisme puis l’autoritarisme, comme l’illustrent les trop nombreuses atteintes aux droits humains et sociaux en France ou ailleurs sur le vieux continent.

La démocratie n’est pas indépendante de notre système économique. Bien au contraire.

Très justement, Mohandas Karamchand Gandhi écrivait en 1926 dans son ouvrage Non violence - The Greatest Force :
"Un conflit armé entre nations nous horrifie. Mais la guerre économique ne vaut pas mieux qu’un conflit armé. Ce dernier est comme une intervention chirurgicale. Une guerre économique est une torture prolongée. Et ses ravages ne sont pas moins cruels que ceux que décrivent si bien les ouvrages sur la guerre. Nous nous préoccupons moins de la guerre économique parce que nous sommes habitués à ses effets mortels. (...) Le mouvement contre la guerre est juste. Je prie pour sa réussite. Je crains pourtant qu’il ne soit voué à l’échec s’il ne s’en prend pas à la racine du mal : l’avidité humaine."

Beaucoup de questions ce matin et si peu de réponses...

Photo : Jean Gaumy - 1986

19 mars 2009

Colère et déception

Sont mes deux mamelles en ce moment.
Fatigue et lassitude également qui m'ont amenées à arrêter momentanément la diffusion de mes emissions sur ce blog.
Colère quand j'entends le pape (sans majuscule) cracher sur les préservatifs. L'Afrique va déjà si mal, ne te gêne surtout pas Benoit, achève là, ça fera plus de place pour tout le monde.
Colère quand j'entends le président (toujours sans majuscule) persister et signer en dépit des signaux d'alarme qui clignotent dans tous les sens.
Déception de ne pouvoir être en ce moment en compagnie de mes camarades à la manifestation mais il y a des moments dans la vie où il faut savoir s'arrêter. Donc je reste chez moi à ruminer sur la nature humaine, en particulier celle de nos dirigeants.
Et puis ça m'arrange, c'est la grève. Donc je suis en grève jusqu'à nouvel ordre.

15 mars 2009

Jamais d'autre que toi

Jamais d'autre que toi en dépit des étoiles et des solitudes
En dépit des mutilations d'arbre à la tombée de la nuit
Jamais d'autre que toi ne poursuivra son chemin qui est le mien
Plus tu t'éloignes et plus ton ombre s'agrandit
Jamais d'autre que toi ne saluera la mer à l'aube quand
Fatigué d'errer moi sorti des forêts ténébreuses et
Des buissons d'orties je marcherai vers l'écume
Jamais d'autre que toi ne posera sa main sur mon front
Et mes yeux
Jamais d'autre que toi et je nie le mensonge et l'infidélité
Ce navire à l'ancre tu peux couper sa corde
Jamais d'autre que toi
L'aigle prisonnier dans une cage ronge lentement les barreaux
De cuivre vert-de-grisés
Quelle évasion !
C'est le dimanche marqué par le chant des rossignols
Dans les bois d'un vert tendre l'ennui des petites
Filles en présence d'une cage où s'agite un serein
Tandis que dans la rue solitaire le soleil lentement
Déplace sa ligne mince sur le trottoir chaud
Nous passerons d'autres lignes
Jamais jamais d'autre que toi
Et moi seul seul comme le lierre fané des jardins
De banlieue seul comme le verre
Et toi jamais d'autre que toi.

Paroles : Robert Desnos
Interprète : Alain Bashung
Photo : Michael Philip Manheim - Bird Reach


13 mars 2009

Le choix des militants

Hier soir nous avons voté au P.S.
Oui je sais c'est pas un scoop.
Les listes ont été ratifiées à l'exception de celle du Centre.
Ca aussi tout le monde le sait depuis ce matin.
J'ai reçu les résultats tout à l'heure : taux de participation pour le Rhône de 34.91 %.
Ca c'est peut être un scoop mais pas représentatif des résultats nationaux qu'on recevra ultérieurement.
Pas simple de voter à Lyon quand on est issu de la motion E, celle de Ségolène Royal, Gérard Collomb et Vincent Peillon.
Tiens je vais vous en donner un de scoop : je me suis abstenue. J'ai passé la semaine à me gratter la tête et à balancer entre le oui et le non sans arriver à me décider. Du coup, une fois dans l'isoloir j'ai coché cette case là. J'ai fait au moins ce choix contrairement à ceux qui ne se sont pas déplacés.
Reste à partir de maintenant à convaincre nos concitoyens que le bon choix pour eux sera de voter pour nos listes. On a un peu de temps devant nous, celui de nous refaire une bonne mine et un grand sourire convaincu et par là même convaincant.
Bon week-end.

Photo : Robert Doisneau
Musique : Yann Tiersen - La rade


11 mars 2009

Lamentable, scandaleux, etc...

Ce sont les mots qui m'ont réveillée ce matin. Il était question des salariés de la Raffinerie Total de Gonfreville qui vont se faire licencier avec perte et fracas.
Il y a des jours les gens m'étonnent. Une société qui fait 14 milliards de bénéfice peut se permettre de virer une poignée de salariés dans notre beau pays au nom de la rentabilité pour aller en embaucher ailleurs, là où ça coûte moins cher et ça les scandalise ? Est-ce qu'ils se rappellent au moins qui ils ont mis à la tête de l'Etat ? Un type qui est copain avec tout ce que la France compte de grands patrons (il passe même les vacances sur leur yacht privé pour ceux qui souffrent d'alzeimer précoce) et qui s'est pris (chose incongrue le pauvre) la crise en pleine tronche... Un type qui demande aux petits et moyens salaires de faire un gros effort, vous comprenez m'sieurs dames faut se serrer les coudes c'est la criiiise. Un type qui file du fric aux Banques en leur disant d'être plus gentilles avec leurs clients, "c'est pas bien de jouer avec la Bourse et de faire de mauvais placements". Qui prête du pognon à l'industrie automobile dont on sait pertinement qu'elles ne rembourseront pas et finiront elles aussi par licencier ou délocaliser à tour de bras.
Il y a peu, il m'a semblé entendre à la radio qu'il fallait moraliser le capitalisme. Et bien vous savez quoi ? On n'est pas rendus... et quand je lis des choses comme celles-là je me demande qui fait la Loi en France. L'Etat ou les Grandes Entreprises ? La réponse est simple. Quand à la notion de solidarité et d'entraide pour éviter que les plus fragiles souffrent, elle est loin, bien loin. Chacun défend son petit lopin de terre et sa cagnotte. Ce que j'espère quand même c'est qu'à force de prendre des coups sur la tête les français vont finir par se rendre compte de ce qu'on est en train de leur faire. Mais sans doute qu'ils le feront trop tard. Tant pis pour eux et tant pis pour nous aussi qui n'avons même pas demandé à être embarqués sur cette galère.

Lettre ouverte de Philippe Lioret parue dans Le Monde lundi dernier

"Monsieur Besson,
Je prends connaissance de votre intervention, ce matin sur Europe 1, où vous m'accusez, suite à mon film Welcome, de franchir "la ligne jaune dans un but promotionnel" quand, dans une interview, je mets en parallèle la situation des migrants et des bénévoles, aujourd'hui à Calais, avec celle des juifs et des Justes qui leur venaient en aide durant l'Occupation. Vous trouvez cela "inacceptable, désagréable, insupportable".
Sachez que mon travail d'auteur et de réalisateur est de m'intéresser aux événements qui se passent aujourd'hui, chez nous, et à leurs prolongements et conséquences sur l'âme humaine, en essayant de ne pas être manichéen. Dans toute société en situation de crise, face à l'injustice, chaque citoyen se trouve un jour placé devant ses responsabilités. Georges Brassens a parfaitement illustré le choix de cet engagement dans sa Chanson pour l'Auvergnat. A mon époque, la nôtre, je fais de même avec mon film. Sachez qu'en l'occurrence, je ne mets pas en parallèle la traque des juifs et la Shoah, avec les persécutions dont sont victimes les migrants du Calaisis et les bénévoles qui tentent de leur venir en aide, mais les mécanismes répressifs qui y ressemblent étrangement ainsi que les comportements d'hommes et de femmes face à cette répression.
Par ailleurs, vous avancez que Welcome serait "truffé d'invraisemblances". Sachez aussi que, bien que ce film se revendique comme étant une fiction cinématographique et pas du tout un documentaire, nous avons, Emmanuel Courcol, mon coscénariste et moi-même, mis un point d'honneur à ce qu'il soit très scrupuleusement documenté et à ce qu'il évoque toujours des faits ayant ou ayant eu lieu, comme ont pu en attester les nombreux bénévoles qui ont vu le film en avant-première.
Il y a quelques jours encore, près de Béthune, une femme a été mise en garde à vue pour avoir simplement rechargé des téléphones portables de migrants. Welcome ne fait qu'illustrer ce genre de fait divers.
La réalité, dit-on, dépasse souvent la fiction. Votre réalité, Monsieur Besson, se contente de l'égaler et c'est déjà suffisant pour être affligeant, pour confirmer qu'aujourd'hui, dans notre pays, de simples valeurs humaines ne sont pas respectées. C'est cela que vous devriez trouver "inacceptable."

Photo : Henri Salesse

Trub d'honneur de la semaine à Philipe Lioret. Je vais voir le film dès que j'ai 5 minutes et j'en reparle dès que j'ai le temps (pas gagné je sais...)

06 mars 2009

Comment augmenter l'influence des femmes en politique

Oui à une plus grande représentation des femmes en politique mais non à des quotas obligatoires : c'est ce que révèle en substance un sondage présenté mercredi 4 mars, traitant du rôle des femmes dans les élections européennes.
Petite présentation des résultats à l'approche de la Journée internationale de la femme.

Mme Rodi Kratsa-Tsagaropoulou (Grecque, membre du Parti populaire et des démocrates européens - PPE-DE), Vice-présidente du Parlement européen, explique que ce sondage apporte un éclairage important concernant les électrices, comme « leurs attentes, leur vision de l'Union européenne, les thèmes qu'elles souhaitent voir abordés durant la campagne ou leur participation à la politique européenne ».

La politique, un monde exclusivement masculin ?

Une large majorité d'hommes (71 %) et de femmes (77 %) pensent que les hommes dominent la scène politique. Une plus grande représentation des femmes amènerait un style différent selon 83 % des femmes et 76 % des hommes.

La situation actuelle est dénoncée par Margot Wallström (Suédoise), Vice-présidente de la Commission européenne. « Une démocratie qui ne laisse pas 52 % de sa population prendre suffisamment part à la prise de décision n'est pas une réelle démocratie », affirme-t-elle.

Des revendications spécifiques

Les femmes ont des attentes particulières quant à l'égalité des genres. Elles souhaitent plus de possibilités de faire garder leurs enfants et revendiquent que les années passées à les élever soient comptabilisés pour leurs retraites. L'égalité salariale, la réduction des violences et des trafics des femmes passent pour autant d'enjeux sociétaux majeurs à leurs yeux.

Les femmes et le Parlement européen

Lorsqu'elles votent pour les élections européennes, les femmes donnent plus d'importance à l'expérience des candidats sur les dossiers européens qu'à leur orientation politique (62 % contre 51 %). Pour les hommes, les deux facteurs sont à peu près aussi importants (57 % contre 55 %).

La moitié des femmes souhaiteraient une meilleure représentation de leur sexe au Parlement européen. En revanche, seules 10 % se prononcent en faveur de quotas obligatoires, et 13 % en faveur d'un engagement volontaire des partis politiques. A la place, elles préfèreraient que les femmes soient encouragées à se lancer dans la politique (53 %).

Source Parlement Européen
Photo : Joel D. Levinson - Smiles in Single File (From Mass Media Series)

Un sujet un peu plus intéressant que la représentation d'une poignée de blogueuses dans un hebdomadaire une fois par an non ? J'attends vos très nombreux commentaires à ce sujet m'sieurs dames !

05 mars 2009

Les journées rallongent

C'est la réflexion que je me suis faite ce matin quand je me suis réveillée. Il était tôt. Trop tôt sans doute.
Nous attendons toutes demain matin et la parution (enfin) du Vendredi consacré (je le rappelle pour ceux qui n'auraient pas suivi) à la blogosphère féminine. Les hommes pourront récupérer le terrain tout à leur aise dès la semaine prochaine. Et nous pourrons nous replonger dans nos magazines féminins préférés, ceux qui paraissent régulièrement sans que personne n'y trouve rien à redire.
L'onde de choc de la crise est arrivée dans la zone industrielle. Un bon début d'année nous permettait d'esperer passer au travers mais non, pas de raison. Mi-plaine est devenue Waterloo-Morne-Plaine. Je range, je trie, je classe. Je me précipite sur le moindre devis comme la petite vérole sur le bas clergé breton. Si je croyais en Dieu, je ferai des prières.
On parlait déjà de la Fête des Lumières hier soir au Comité des Fêtes. Les enveloppes annoncées par les troupes de spectacle de rue m'ont semblés indécentes. A la directrice de la MJC aussi. Comment concilier l'esprit de la fête et celui de la solidarité en n'oubliant pas les inévitables retombées économiques ?
J'ai l'impression désagréable d'avancer dans le brouillard.
Comme tout le monde en ce moment.
En espérant que nos lendemains se remettent à chanter dès que le soleil reviendra.

P.S. pour moi-même : éviter peut-être de faire une note avant d'avoir écouté Didier Porte ou Stéphane Guillon (Nicolas, si tu touches à un seul de leur cheveux, je fais la révolution) (mais dans quel pays vit-on quand même) (Coluche, si tu m'entends...).

Re. P.S. Bien noté la réflexion sarkozyste du jour "quand on n'est pas content on s'en va" : variante polie du "casse toi pauvre conne" auquel aurait eu droit Mame Boutin si elle n'avait pas fait partie de ses "amis". Il ne fait vraiment pas bon être une femme au Gouvernement en ce moment.


03 mars 2009

Il y a des jours, faut s'accrocher

Ca a commencé par le coup de gueule de Gérard Collomb sur son blog hier. Je le recommande à ceux qui ne l'ont pas encore lu. Gérard ne s'énerve pas souvent mais quand il le fait, ça s'entend et de loin. L'image que donne notre parti actuellement n'est vraiment pas brillante. On continue à grenouiller entre nous au lieu de s'occuper de l'autoroute que nous ouvre l'omnipotent président. Il va être question de cette liste des européennes dans les journées qui viennent dans toute les sections de France et à mon avis, ça n'a pas fini de gueuler encore et encore. Il faut défendre le parti qu'ils disent. Oui à condition que le parti soit défendable et qu'il arrête de se saborder lui même. Les dents n'ont pas fini de grincer.
Ca continue un peu plus joyeusement quand on s'aperçoit qu'en face, ce n'est pas mieux. Un judoka peu connu pour la finesse de ses analyses politiques et un chanteur de variétés non-voyant qui nous chante qu'on va s'aimer depuis des lustres. Il ne manque plus que Johnny pour allumer le feu et la fête sera complète.
Ah oui, j'ai failli oublier la cerise sur le gâteau : Nicolas nominé pour le Prix Nobel de la Paix. Je pouffe, je pouffe... Excusez moi c'est nerveux.

Vous savez quoi ? Je serai le français moyen qui n'en n'a rien à foutre de la politique tous pourris tous pareils, ou le pauvre chomeur qui attend du boulot pour dans 2 ans ou plus, je commencerai à me fatiguer un peu de la guignolitude ambiante... et voir du côté du petit facteur des fois que ça soit plus sérieux qu'ailleurs.
Photo : Paul Almasy - Rock'n Roll sur les Berges


02 mars 2009

On est des femmes, on blogue et on vous emmerde

Que ça plaise ou pas, Vendredi (le journal qui sort le vendredi) sera entièrement consacré aux blogs féminins.
La blogosphère féminine est d'une richesse que peu soupçonnent. D'une grande créativité. Les femmes engagées ont passé de nombreuses heures à fouiller la blogosphère à la recherche de perles rares et je peux vous dire qu'on en a trouvé...
Politique, sexe, cuisine, déco, BD, travail, tout y passe et c'est bien. Tous les âges sont également représentés de la jeune maman qui fait des photos de ses bébés à la grand-mère qui râle après tout le monde.
Plein de chroniques sur la vie, l'amour, le fric, la musique, l'art, le scrap booking, le kama-sutra, le sport, la crise, les strings., l'écologie, la culture.. sur papier couleur vendredi prochain chez vos marchands favoris. Ca coûte 1.5 €, même pas le prix d'un paquet de clopes.

Nous vous ferons profiter de nos découvertes au fur et à mesure parce qu'il n'y a pas de raison. Pour démarrer la semaine, mon coup de coeur (si on peut dire) : le blog "Tu mourras moins bête", de la BD trash qui me rappelle Reiser. J'adore.
Cliquer sur l'image pour y accéder.





01 mars 2009

Bienheureux les fêlés (suite)

Toute plongée que j'étais dans mes expériences cinématographiques, j'ai oublié de m'informer du palmarès des Victoires de la Musique.
Bashung bien sûr... Tous ceux qui l'aiment suspendus à son souffle.
Je me suis souvenue de l'époque où je me sentais vaguement poète et des quelques mots qu'il m'a inspirée. Les voici ici en hommage personnel en espérant que sa voix nous accompagnera encore longtemps. (Je remercie le lecteur de son indulgence).
Redis-moi en face que tout s’efface
Redis le moi. Répète et répète encore.
Que tout s’efface et tout s’oublie
Que tout se calme et tout s’apaise
Dans la douceur des tes baisers
Dans le creux de ma main
Dans la chaleur de mes lèvres
A peine entrouvertes
Emmènes-nous dans l’express
De la félicité
Loin si loin de nos prisons
Dans un état qui ressemble
Au pays du matin calme
Là où tout n’est que silence
Et sérénité
Là où personne ne te met
En joue
Dès le lever du soleil
Là où à la nuit tombée
Tu peux enfin t’allonger
Sur des divans moelleux
Au lieu de plier la nuque
Devant les petits chefs
Dictateurs du dimanche
Tes bras m’ont semblés si légers
Si frêles
Trop peut-être pour porter
Tout ce poids
Et m’empêcher de trébucher
De tomber
Et pourtant, pourtant
L’envie de laisser venir
Laisser le vent du soir décider
Telle George Sand
Telle Simone de Beauvoir
Alors alors cœur doux
Répète encore répète
Que tout s’efface et tout s’oublie
Que tout se calme et tout s’apaise
Dans la chaleur de tes baisers
Sur mes lèvres…



Bienheureux les fêlés, car il laissent passer la lumière

C'est la phrase qui m'est venue à l'esprit au sortir de ce week-end cinéphile.
Deux films différents. Et pourtant.
L'étrange histoire de Benjamin Button. Etrange et très longue histoire. Effets spéciaux spectaculaires, budget Kolossal. Tous les ingrédients hollywoodiens y sont pour faire un chef d'oeuvre et on sent bien que ce film a des prétentions plus ambitieuses que celui d'être un agréable passe-temps. Sauf que à mon avis, une heure de moins n'aurait pas fait de mal. Un peu moins d'effets spéciaux aussi. On passe son temps à regarder l'évolution du temps sur les visages en se disant que c'est bien mais au détriment de tant d'autres choses. La beauté des images par exemple. J'avoue y avoir été de ma petite larme à la fin mais j'ai quand même eu bien du mal à ne pas m'endormir, surtout au début. Un bon film mais pas un grand film quoi. La seule chose qui m'a touché c'est l'espèce d'innocence qui émane du personnage masculin. Une sorte de Forrest Gump qui vit sa vie à l'envers sans vraiment sembler s'apercevoir du côté incroyable de son histoire. Un peu simplet, sans aucune culture, juste de la sensibilité et du bon sens. C'est ce qui me l'a rendu sympathique.
Pour être simple, le personnage du film Séraphine l'est. Simple et illuminée par la grâce divine qui lui a ordonné de peindre un beau jour sans qu'on sache vraiment pourquoi. Du coup le film entier a été touché par cette grâce faisant de la vie de cette femme de ménage un conte poétique en prise avec les éléments : le vent dans les arbres, le bruit de l'eau de la rivière, l'herbe pliant sous la brise. J'ai pensé au Van Gogh de Pialat, j'ai pensé à Camille Claudel. Le rapprochement avec la peinture de l'un et la mort identique avec l'autre... Seraphine a fini sa vie dans un hôpital psychiatrique et est morte de faim comme beaucoup au début de la guerre. Elle faisait elle-même ses mélanges et peignait au lieu de dormir, l'action créative répondant à une impérieuse nécessité intérieure. Sans doute la même que celle qui me pousse à aligner des mots sur un blog depuis tant d'années. La présence divine en moins.
Ce film a fait le plein des Césars cette semaine. Il le mérite largement. Yolande Moreau en tête qui porte en elle la grâce et l'illumination de celle qui lui a servi de modèle.
Bienheureux les fêlés.
Bienheureuse Séraphine.
Bienheureuse moi-même depuis ce matin.
Et que la lumière continue d'éclairer Martin Provost...