Bienheureux les fêlés, car il laissent passer la lumière

C'est la phrase qui m'est venue à l'esprit au sortir de ce week-end cinéphile.
Deux films différents. Et pourtant.
L'étrange histoire de Benjamin Button. Etrange et très longue histoire. Effets spéciaux spectaculaires, budget Kolossal. Tous les ingrédients hollywoodiens y sont pour faire un chef d'oeuvre et on sent bien que ce film a des prétentions plus ambitieuses que celui d'être un agréable passe-temps. Sauf que à mon avis, une heure de moins n'aurait pas fait de mal. Un peu moins d'effets spéciaux aussi. On passe son temps à regarder l'évolution du temps sur les visages en se disant que c'est bien mais au détriment de tant d'autres choses. La beauté des images par exemple. J'avoue y avoir été de ma petite larme à la fin mais j'ai quand même eu bien du mal à ne pas m'endormir, surtout au début. Un bon film mais pas un grand film quoi. La seule chose qui m'a touché c'est l'espèce d'innocence qui émane du personnage masculin. Une sorte de Forrest Gump qui vit sa vie à l'envers sans vraiment sembler s'apercevoir du côté incroyable de son histoire. Un peu simplet, sans aucune culture, juste de la sensibilité et du bon sens. C'est ce qui me l'a rendu sympathique.
Pour être simple, le personnage du film Séraphine l'est. Simple et illuminée par la grâce divine qui lui a ordonné de peindre un beau jour sans qu'on sache vraiment pourquoi. Du coup le film entier a été touché par cette grâce faisant de la vie de cette femme de ménage un conte poétique en prise avec les éléments : le vent dans les arbres, le bruit de l'eau de la rivière, l'herbe pliant sous la brise. J'ai pensé au Van Gogh de Pialat, j'ai pensé à Camille Claudel. Le rapprochement avec la peinture de l'un et la mort identique avec l'autre... Seraphine a fini sa vie dans un hôpital psychiatrique et est morte de faim comme beaucoup au début de la guerre. Elle faisait elle-même ses mélanges et peignait au lieu de dormir, l'action créative répondant à une impérieuse nécessité intérieure. Sans doute la même que celle qui me pousse à aligner des mots sur un blog depuis tant d'années. La présence divine en moins.
Ce film a fait le plein des Césars cette semaine. Il le mérite largement. Yolande Moreau en tête qui porte en elle la grâce et l'illumination de celle qui lui a servi de modèle.
Bienheureux les fêlés.
Bienheureuse Séraphine.
Bienheureuse moi-même depuis ce matin.
Et que la lumière continue d'éclairer Martin Provost...

Commentaires

  1. Bienheureux les anges dans ton genre (je me comprends)

    RépondreSupprimer
  2. Je vais filer voir Séraphine!
    Et pour "L'étrange histoire..." ta critique rejoint d'autres que j'ai entendues...

    RépondreSupprimer
  3. parcequ'en plus tu as le temps d'aller au ciné !

    RépondreSupprimer
  4. PBE ;-)
    Sarah : le dimanche matin à 11 heures au Comoedia, 4.5 €, tu seras impardonnable si tu n'y vas pas.
    Olympe : on trouve du temps quand on aime.

    RépondreSupprimer
  5. Bienheureux les fêlés toujours... Léonard Cohen chante: "in everybody there is a crack, that's where the light comes in".

    Cultivons nos failles, on aura plus de lumière!

    RépondreSupprimer

Enregistrer un commentaire

Posts les plus consultés de ce blog

Ah le nouveau logo de la Région Auvergne Rhône-Alpes

Le corps des femmes, leurs droits et la Pologne

La valse de Ravel