26 févr. 2017

La valse de Ravel







La musique peut tout entreprendre, tout oser et tout peindre, pourvu qu'elle charme et reste enfin, et toujours, de la musique » (Maurice Ravel, extrait de Esquisse autobiographique).

Ce poème chorégraphique pour orchestre est dédié à une amie de Ravel, Misia Sert, pianiste et égérie de nombreux peintres, poètes et musiciens du début du XXesiècle.

Mon choix musical et chorégraphique du dimanche, histoire de reveiller un peu ce blog.


30 janv. 2017

L'important est-ce la rose (suite...)

« Never complain, never explain est une de ces banalités morales qui caressent et rengorgent le donneur de leçons, et lui raidissent le poil. Armée des Indes. Fausse bonne affaire. Je propose plutôt ceci : il faut parfois se plaindre, et toujours s’expliquer. J’aime qu’un homme s’émeuve, qu’une larme lui fasse briller l’œil, et les embrassades bourrues entre messieurs. »
Prince des berlingots de François Nourissier


Voilà : J’ai décidé de rallier le mouvement En Marche.
Ça me fait tout drôle de l’exprimer ici je vous avoue.
J’aurais largement préféré vous dire que je soutiens Benoit Hamon et son projet.
Je ne vais pas me plaindre, juste essayer de m’expliquer alors.
Parce que demain va sortir un nouveau communiqué et que mon nom sera dedans.
Pas que le mien d’ailleurs, mais chacun d’entre nous porte une histoire différente et je ne me prononcerai pas pour eux.
J’ai rallié le PS pour Ségolène Royal.
Le Congrès de Reims, la non synthèse et la triche dans les urnes, je les ai encore en tête.
Depuis je ne me suis jamais retrouvée dans aucune motion avec Hamon ou Aubry.
Je n’ai jamais apprécié leurs pratiques et je ne vois aucune raison de leur faire confiance.
Hamon l’apparatchik, le frondeur, ne m’est jamais apparu comme porteur d’un projet crédible.
Basta.
Alors quoi ?
Samedi matin, je me suis rendue à une réunion organisée par Bruno Bonnell.
J’y ai retrouvé un vieux militant du 8ème qui m’a dit la chose suivante avec un grand sourire :
« Il y a longtemps j’étais au PSU, j’ai mis la clef sous la porte et écoutant la voix de la raison j’ai rejoint le PS et proposé mes compétences.
Depuis que j’ai rallié En Marche, en plus de la raison, j’ai retrouvé la passion, qu’est-ce que ça fait du bien !»
Il y avait là des gens que je ne connaissais pas, issus de la société civile.
Des gens curieux, pas forcément complaisants, posant de multiples questions auxquelles il était parfois difficile de répondre.
J’ai pensé à Désir d’Avenir et à tous ceux qui ont rejoint le PS à l’époque, j’ai pensé que rien n’a été fait pour les retenir, que seulement quelques convaincues comme moi ont posé leurs valises pour continuer le travail de terrain.
Le terrain, celui où je suis en permanence, dans le 8ème arrondissement de Lyon, avec aucun pied ailleurs, ni à l’Hôtel de Ville, ni à la Métropole.
Je n’ai aucun bifteck à défendre, aucune envie d’aller à la soupe comme certains disent (ah les expressions culinaires).
J’aimerai bien que tout le monde se rassemble pour lutter contre l’extrême droite, tous les progressistes, les humanistes, les pragmatiques, les idéalistes mais pas trop…
Je n’ai pas envie de quitter le PS, à moins que l’on m’y force. J’ai fait le job ces 2 derniers week-ends en tenant un bureau de vote alors que j’avais vraiment autre chose à faire. J’ai compté chaque sou, chaque bulletin, souri aux électeurs. Je me suis fait traiter de traître avec un camarade par quelqu’un qui n’a pas digéré qu’on puisse oser faire un choix différent du sien. D’ailleurs notre bureau était tenu à 75 % par des sympathisants macronistes qui, par fraternité, m’ont aidée à le tenir parce que personne d’autre n’avait souhaité le faire. Il faut avouer que notre section n’est vraiment plus aussi importante qu’il y a quelques années. 
Aujourd'hui j’ai juste adhéré à un mouvement qui me semble à même de faire avancer le pays, même si au début je n’y croyais pas vraiment.
Je pense en même temps à Bayrou et je crains que le flop soit au bout du chemin. Les programmes sont une chose mais les hommes en sont une autre hélas.
Je ne suis sûre de rien. Je doute (ah les injonctions contradictoires qui se pressent dans ma tête le matin). C’est très inconfortable de sortir de la matrice vous savez.
J’ai choisi le bon sens, pas l’homme providentiel que certains voudraient voir, celui qui connait le monde de l’économie, celui qui dit aux Français qu’il peut les aider mais pas les assister, qu’il n’est pas nécessaire d’être semblables pour être rassemblés, qui reconnait le droit à l’erreur et demande la parité parfaite.
Qui demande plus de décentralisation et de responsabilisation. La suite du programme à venir…
Voilà en gros où j’en suis.
Ceux qui veulent argumenter dans les commentaires peuvent le faire, je les remercie juste de ne pas m’insulter.

Pour les embrassades bourrues, on verra une autre fois…

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13 janv. 2017

L'important, est-ce la rose ?

Cette année, je fête un peu plus d'une décade d'appartenance au Parti Socialiste.
10 ans ! Pour moi c'est comme si c'était hier. Ségolène Royal, Sarkozy, l'adhésion à 20 euros, toutes ces choses qui ont fait que j'ai franchi le pas un jour.
Le pas de la porte de la section de Lyon 8ème où je me suis retrouvée au milieu des nombreux nouveaux militants qui étaient venus là parce que Ségolène Royal et son pacte présidentiel leur paraissait la meilleure solution pour mener la gauche au pouvoir.
On connait la suite.
Pendant 10 ans, le PS a été ma famille. Une famille un peu mal fichue comme beaucoup d'autres, où tout le monde s'engueule pour un oui ou plutôt pour un non, où les plus vieux mettent des coups sur la tête des plus jeunes, ou les jeunes se chamaillent pour une place, où certains réussissent et d'autres pas.
Comme ailleurs.

Hier, il y avait réunion de section chez nous pour préparer les primaires. Il manquait du monde. Il faut dire qu'à Lyon la situation n'est pas facile. Notre Maire, Notre 1er fédéral sont ouvertement ralliés à Macron et ont appelé à ne pas voter aux Primaires. Certains ont choisi, d'autres pas.

Notre secrétaire de Section s'est voulu gardien du temple socialiste mais on sentait bien que, chez les présents, le coeur n'y était pas vraiment. Tout le monde s'est raccroché aux valeurs de gauche qui avaient présidées à notre engagement*, jeunes comme plus vieux. On a décidé d'attendre le résultat des Primaires et on verra ensuite, un peu coincés aux entournures. Chacun choisira le candidat dont le programme lui parait correspondre le plus à sa sensibilité et il y a le choix.

Ah s'il n'y avait pas Macron et Mélenchon  pour empêcher la machine de tourner. A vide mais bon vu que le changement ça n'a pas été maintenant avec Hollande il va peut-être bien falloir accepter l'idée que certains n'aient pas envie de continuer à se laisser ensevelir et que le vieux renard et le jeune loup n'aient pas envie de se soumettre à un système qui tourne à vide depuis longtemps, rongé par tant de dissensions...


On a bu un coup et on est rentrés chez nous pour regarder le débat.
Moi j'ai vu le début et puis un problème domestique m'a empêchée de voir la fin. J'ai le sentiment ce matin que ce débat où a pesé lourdement l'absence de Macron n'a pas convaincu grand monde.
Je me sens un peu désenchantée et je ne dois pas être la seule.

Le PS avait besoin d'un bon coup de pied aux fesses et il est en train de se le prendre. Je ne peux que souhaiter qu'il s'en sorte mais je sens que ça va être encore compliqué. Le bruit commence à courir qu'on va finir par se retrouver avec un congrès d'Epinay bis, Macron remplaçant Mitterrand. Pourquoi pas ? C'est à réfléchir mais en attendant j'ai bien peur qu'à terme on soit obligés, en fonction de nos choix, de faire campagne pour les présidentielles en ordre dispersé et je vous avoue que la perspective de me retrouver sur les marchés en face de mes camarades me consterne au plus haut point. 



*Mais finalement ces valeurs c'est quoi ?
"Atténuer les inégalités en développant le niveau d'éducation, les équipements et services publics, la protection sociale, sanitaire, etc.." c'est écrit ici. Et puis lisez la suite pendant que vous y êtes. Tout y est, la mondialisation, libéralisme, modèles nordiques qui ne fonctionnent pas ailleurs, retard, globalisation, perte de cap, navigation à vue... le navire de la social-démocratie va mal on s'en est rendu compte.
Alors quoi ?




3 janv. 2017

Mes voeux aux artistes qui ont exposé à la Mairie du 8ème


J'ai souhaité remercier en ce début d'année tous ceux qui m'ont permis d'animer notre espace d'expositions. Talents reconnus, amateurs confirmés, autodidactes, débutants, chacun est venu cette année illuminer notre Atrium. D'autres vont arriver, chacun sa pierre, chacune son histoire. La roue tourne. Merci à eux car, comme disait William Black, "l'art est la vie, et la vie c'est l'art".

Exposition Vénus, l’art au service de la santé


"L’année 2016 a été riche en expositions à la Mairie du 8ème et ce grâce à vous.
Nous avons reçu des toiles en provenance d’Arménie, exploré les glaciers du Spitzberg, salué la mémoire des Harkis, palpité avec les exploits des Transplantés et chanté avec les enfants de l’Ecole de Musique Guy Candeloro.
Nous sommes passés du Coq à l’Ane et avons confirmé que Tous les goûts sont dans la nature.
Expo du coq a l'aneNous avons vu Flou, marié photos et dessins avec les Très Chères, visité les musées sous un angle inédit avec Musée-Homme, examiné les lieux religieux et leur Obscure Clarté, revécu les moments festifs de l’arrondissement grâce à Objectif Images, versé une larme sur les Noces de Sang, revisité Zola avec les élèves du Lycée La Martinière et rendu hommage en couleur aux stars du cinéma noir et blanc.
Enfin, nous avons mêlé art et santé grâce au projet Vénus afin de prévenir et dépister le cancer du sein et réalisé des Eclats d’Art avec l’Hôpital du Vinatier.
Je tenais à vous remercier personnellement d’avoir embelli et enrichi notre espace d’Exposition et nous avoir permis de montrer aux habitants du 8ème arrondissement que l’art et la beauté sont partout et à la portée de tous.
Je vous souhaite une année 2017 créative, inventive, innovante, féconde, subtile et lumineuse. "

Aucun texte alternatif disponible.


Exposition "Autour de Myla et l'Arbre Bateau"

L’image contient peut-être : intérieur

Expo Spitzberg arctique - l

Expo Soyons flous

Expo Obscure clarté

Source : différents artistes.

20 nov. 2016

Connaissez-vous Pierre Simon ?

Je sais, nous sommes le 20 novembre et à l'heure qu‘il est tout le monde est scotché par le résultat du 1er tour des primaires de la droite.

En ce qui me concerne, ça fait 15 jours que je me suis fracturé le trochiter suite à une cascade dans les escaliers de l'Opéra, juste la veille de l'élection de Trump, et que je suis obligée de taper d'un doigt ou d'utiliser une dictée vocale qui est un peu dure de la feuille.

Je passe donc une grande partie de mon temps à lire et réfléchir sur le monde et la manière dont il tourne en attendant de retourner dans une vie plus active.
A ce propos, j'ai fait la rencontre de Pierre Simon, un médecin gynécologue qui s'est engagé, excusez du peu, pour l'accouchement sans douleur, le planning familial, la légalisation de l'avortement, la PMA et le droit de mourir dans la dignité.
Il a fait de la politique chez les radicaux et est à l'origine de la Loi Neuwirth et bien sûr la Loi Weil.
Comment l'existence de cet homme n'est jamais arrivée jusqu'à moi ? Mystère. 
Je viens de la découvrir par le biais du Prix portant son nom qui se décompose en plusieurs axes : Ethique et recherche, Ethique et réflexion, Ethique et société,
Ethique et géopolitique.
Toutes les informations le concernant sont disponibles sur Wikipedia et le site du Prix.
Il est décédé en 2008 et ses archives sont conservées  au Centre des Archives du Féminisme à la Bibliothèque Universitaire d'Angers.
J'avais envie ce soir de le partager avec vous.




2 nov. 2016

Hillary la femme qui ose vouloir être Présidente

Je viens d'étudier l'histoire des emails d'Hillary Clinton. On les a retrouvé sur l'ordinateur de l'ex-mari de sa plus proche collaboratrice, obsédé sexuel notoire qui briguait la mairie de NYC il y a quelques années (genre DSK quoi), dans le cadre d'une enquête sur ses activités. Tout ça parce qu'Hillary refusait de se débarrasser de son vieux Blackberry (qui a un Blackberry encore à notre époque ?) et qu'elle avait du mal à lire sur un écran et demandait qu'on lui imprime ses mails (et le bilan carbone alors ?). Mélange du public et du privé (personne ne l'en a empêchée non plus à la Maison Blanche) et grosse parano à mon avis quand on a autant de responsabilités... J'ai connu ce genre de choses à un moindre degré quand même avec un collègue qui me transférait sa boite quand il voyageait et que je recevais des messages de son amoureuse en plus des messages professionnels (trop mignon). Bref, pas vraiment de quoi fouetter un chat, vivement le 8 novembre et qu'elle soit élue, même si les ennuis risquent de continuer et qu'on arrête de nous faire patauger dans la boue américaine. 

Demain, si j'ai le temps de le finir, je vous parlerait du livre qui parle du Président qui ne devrait pas dire certaines choses...


4 oct. 2016

Laetitia ou la fin des hommes

Voilà, j'ai terminé le livre et en tournant la dernière page j'ai eu l'impression d'abandonner Laetitia et j'en suis triste.

Une histoire, juste un fait divers au départ, dont personne n'est sorti indemne, une histoire de violence masculine et d'enfance bafouée, une histoire de manipulation politique (celle de Sarkozy qui en prend pour son grade et c'est tant mieux), une histoire où la justice fait ce qu'elle peut avec ce qu'elle a, où la police fait sacrément bien son travail, ou les assistantes sociales pleurent de ne pas avoir pu détecter la faille, une histoire de jeunes qui se textotent toute la journée mais ne peuvent éviter le pire, une histoire de pas de chance ou de hasard. Une histoire qui pourrait être la notre.

C'est mon conseil de lecture du soir parce que celui qui l'a écrit est quelqu'un d'épatant. 

Oui je sais je l'ai déjà écrit hier à propos d'un autre mais ça n'est pas tous les jours qu'on rencontre des gens aussi formidables dans ce qu'ils nous donnent à lire ou à entendre.

Et puis pour une fois qu'un auteur s'intéresse plus à la victime que l'assassin, restituant sa vie si courte et si tragique avec autant d'empathie, il était vraiment nécessaire de le souligner.

oOo

Mise à jour du 2 novembre : Le prix Médicis a été attribué à Laëtitia. Largement mérité.

oOo

Citation :

"Petite fille, elle est restée timide, inhibée, impressionnable, dissociée d’elle-même, spectatrice de la violence et des actes de maltraitance qu’on lui infligeait. Elle a été d’autant plus oubliée dans son coin qu’elle ne réclamait rien ; on l’a d’autant moins consolée qu’elle semblait passive, absente à sa propre vie. Toutes ces choses inexplicables, les cris, les coups, les larmes, les changements, l’indifférence, ont fait naître en elle ces axiomes monstrueux, ces vérités nichées au plus profond de son être, jusqu’à devenir la substance même dont elle était faite : 
Papa a raison
Papa a raison, sinon il tape
Papa a toujours raison, sinon il tue maman
Les hommes ont toujours raison, sinon ils nous tuent"





3 oct. 2016

Il n'y a pas de vie minuscule ou la société inclusive

Giacometti
Depuis le mois de Juin, je suis en charge des personnes en situation de handicap dans le 8ème arrondissement de Lyon.
J'ai estimé qu'il n'y avait aucune contre indication entre Culture et Handicap comme il n'y en a aucune pour moi avec d'autres délégations.
S'intéresser au handicap, c'est d'abord se préoccuper d'accessibilité. Les places de stationnement pour les Personnes à Mobilité Réduite, c'est une grande problématique dans une métropole comme la notre. Du coup, je me retrouve à gérer des problématiques de voirie, très techniques pour moi, mais j'y prends beaucoup de plaisir et mon regard sur mon environnement en est peu à peu modifié.
Au delà des soucis de déplacement, s'est ouvert à moi une question que je n'avais abordée que d'assez loin finalement, celle de l'inclusion de toutes les personnes en situation de handicap, quel que soit ce dernier, dans la société.
Aujourd'hui, j'ai le sentiment qu'on leur demanderait plutôt de s'adapter à la société plutôt que ça soit cette dernière qui s'adapte. Heureusement qu'il y a les Lois. Mais les lois ne suffisent pas si la Société n'est pas prête à les accueillir, à accepter la différence, à se mobiliser entièrement et à tous les niveaux afin de repenser le mode d'organisation et intégrer les plus fragiles d'entre nous.

S'intéresser à cette société inclusive, c'est forcément à un moment ou un autre tomber sur celui a pensé ses fondements en rappelant que les humains ont une chose en commun : la vulnérabilité. Charles Gardou puisqu'il s'agit de lui la définit ainsi : "L’idée de société inclusive tourne le dos à toute forme de captation qui accroît le nombre de personnes empêchées de bénéficier des moyens d’apprendre, de communiquer, de se cultiver, de travailler, de créer… Une société inclusive n’est pas un club dont certains membres, privilégiés, pourraient capter l’héritage social à leur profit pour en jouir de façon exclusive. Une société inclusive, c’est une société sans privilèges, exclusivités et exclusions. Chacun d’entre nous est héritier de ce que la société a de meilleur et de plus noble. Chacun a un droit égal à bénéficier de l’ensemble des biens sociaux, qu’il s’agisse de l’école et autres lieux de savoir, des transports, des espaces culturels, etc. Nul ne peut avoir l’exclusivité du patrimoine humain et social, légué par tous nos devanciers et consolidé par nos contemporains : il doit être accessible à tous."

Aujourd'hui, je vous propose de l'écouter attentivement. 
Cet homme est épatant, tout simplement.