20 mai 2013

Mon voyage au Cap Horn. Pourquoi. Comment.

Il faut bien que je parle du voyage qui a fait de moi une Cap Hornière à mon corps défendant au départ.
Ca commencé en fait par un repas entre deux amis qui après quelques verres ont décidé de partir à l'aventure sur un bateau pour passer ce mythique cap, terreur de bien des marins.
L'un des deux avait un neveu qui avait l'outil pour ça, c'était décidé, ils partaient.
L'idée étant d'y associer femmes, enfants, amis dans la limite des places disponibles.
C'est ainsi que je me suis retrouvée dans l'aventure sans grand enthousiasme mais avec la volonté de ne pas passer pour une dégonflée auprès des autres malgré des perspectives de grand froid et de mal au coeur qui me donnaient plus envie de plages de sables au soleil.
Je ne suis pas une grande sportive j'avoue et l'idée de parcourir les rayons de Decathlon à la recherche de sous-vêtements techniques plus chauds que chaud me décourageait à l'avance. Je l'ai fait quand même et suis devenue incollable sur les marques Outdoor et tout ce qui permet de survivre en milieu hostile et froid.
Et puis l'idée de retrouver l'Argentine, deux ans après,  m'a fait passer outre mes peurs j'avoue.

Nous sommes donc partis le 26 avril. Il était temps de couper les ponts avec la vie quotidienne, le manque de congés depuis un bon moment commençait à se faire sentir.


1ère constatation, le bout du monde c'est loin. Il faut compter environ 24 heures pour rejoindre Ushuaia, point de départ du périple. 14 heures de vol Lyon-Buenos-Aires via Francfort. Puis changement d'aéroport et trajet d'environ 3 heures, on arrive facilement aux 24 heures de voyage. Ca se mérite quand même.



2ème constatation, un voyage en bateau ça se prévoit à l'avance mais à l'arrivée ça se fait en fonction du temps. Il vaut mieux partir avec des billets échangeables et remboursables parce qu'on ne sait jamais, il est possible qu'on se retrouve bloqué dans un port à cause du mauvais temps.



En ce qui nous concerne, ça c'est passé comme ça :


  • départ d'Ushuaia (Argentine) le dimanche 28 avrl. Direction Puerto Williams (Chili) via le Canal de Beagle.
  • départ pour Puerto Toro le lundi.
  • départ pour l'Ile Lennox le mardi.
  • départ pour les Wollaston le mercredi. C'est là que les choses se sont gâtées, le temps plutôt beau malgré le vent jusque là, s'est gâté, nous obligeant à rester au mouillage à la Cateta Martial.
  • jeudi : journée sans voyage pour cause de pluie et de mer en colère.
  • vendredi : départ pour le Cap Horn, une fenêtre metéo nous permettant de naviguer et d'accoster sur l'Ile du Horn. Mauvaises perspectives ensuite, nous avons voyagé de nuit directement en direction de Puerto Williams au lieu de revenir tranquillement via Lennox et Puerto Toro comme prévu initialement.
  • samedi : journée libre à Puerto Williams. Retour de nuit à Ushuaia car on nous annonce le blocage du port pendant 3 jours à cause de la mauvaise météo.
  • dimanche et lundi : journées libres à la découverte d'Ushuaia
  • lundi soir : retour Buenos Aires.



Nous avons perdu quelques heures de navigation mais la météo du bout du monde ne s'adapte jamais aux désirs des touristes. Il faut le savoir. Passer le Horn n'est pas un du.


Entre temps,  nous avons découvert : 
  • la vie en collectivité sur un bateau et en particulier qu'il faut pomper ferme dans les toilettes si on veut qu'elles s'évacuent.
  • que prendre une douche est une chance inouïe et qu'il faut en profiter quand on peut se laver.
  • comment troquer avec les pêcheurs pour obtenir de succulents crabes à déguster
  • que les dauphins jouent vraiment avec les bateaux
  • que les lions de mer puent
  • qu'il ne faut jamais prononcer le mot lapin sur un bateau parce que ça porte malheur
  • qu'il faut choisir entre être malade à l'intérieur ou mourir de froid à l'extérieur quand la mer et mauvaise (j'ai testé les deux c'est génial)
  • que les chaussettes Yeti c'est pas si bien que ça en a l'air
  • que garder son sens de l'humour en toutes circonstances c'est pas forcément simple
  • que se réveiller au milieu de nulle part est une impression très forte
  • que l'amour en mer quand ça bouge de tout les côtés tu finis par oublier
  • que la politique du multi couches à ses limites, surtout quand tu ne peux plus bouger
  • que pique-niquer sous la pluie sur une île déserte c'est très romantique mais qu'il vaut mieux être bien couvert
  • que s'organiser dans 2m2 demande parfois des nerfs à toute épreuve
  • que le Cap Horn c'est juste une petite pointe assez décevante finalement mais sabrer le champagne en le passant te donne un sentiment de vivre un moment très unique
  • que sauter d'un Zodiac sur des rochers glissants c'est plutôt casse gueule
  • que le gardien du phare du Horn est un type qui s'appelle Samuel, personnage très sympathique et surtout content de rencontrer du monde de temps en temps
  • que le mal de terre c'est aussi pénible que le mal de mer

Je pourrai écrire encore longtemps sur les découvertes que j'ai pu faire à l'occasion de ce voyage, sur les paysages, sur la faune, la végétation, les humains que nous y avons croisés. Ça sera peut être l'occasion d'autres billets.


Je voudrais juste dire qu'au bout du compte, ça a été une aventure collective passionnante. Nous étions une dizaine de personnes (équipage compris) embarquées volontaires en route pour le bout du monde. Nous nous sommes soutenus quand c'était nécessaire. Nous avons ri, été malades en même temps, avons pris les mêmes photos, partagé les mêmes émotions et ça c'est une chose dont je n'avais pas forcément conscience en partant. J'ai supporté le froid, l'isolement, l'exiguïté du navire parce qu'il y avait quelque chose là bas qui m'attendait, qui nous attendait. Quelque chose qui a fait que ces vacances resteront au firmament des meilleurs souvenirs que nous garderons en nous. Et ça c'est quelque chose de formidable à partager.

Un grand merci à l'équipe de Podorange qui nous a permis de réaliser ce voyage dans les  meilleures conditions. 
Un gran beso a mis amigos que estaban en un buen estado de ánimo en todo y así me ayudó a vuelta de la esquina, tanto literal como figurativamente.





Bookmark and Share

11 avril 2013

Avis au Community Manager du @grandlyon_mag

Mon attention vient d'être attirée par un billet concernant la place des communautés urbaines sur Twitter et que vous pourrez le lire ICI

Intéressée par ce qui se passe chez moi, j'ai regardé à quelle position se trouvait le Grand Lyon.

Ce n'est pas brillant.
Sur les 8 communautés urbaines présentes aujourd'hui sur le réseau social, il se trouve à la 7ème place.

A  l'heure où la Metrople est le grand sujet d'avenir, je ne saurais trop lui recommander d'être un peu plus dynamique.

Un peu plus de visibilité et de convivialité, ça ne mangerait pas de pain non ?


Bookmark and Share

10 avril 2013

Texte intégral de la déclaration du Président "L’exemplarité de la République, c’est la condition de son autorité"

Mesdames, Messieurs,
Mercredi dernier, ici même, j’avais annoncé que toutes les leçons devaient être tirées de l’affaire Cahuzac ; affaire qui vient après tant d’années où des affaires ont émaillé la vie publique. Trop d’affaires !
La dernière révèle, une fois encore, la nécessité d’une lutte implacable contre les dérives de l’argent, de la cupidité et de la finance occulte. Elle appelle des réponses fortes, que les Français eux-mêmes exigent.
Parce que l’exemplarité de la République, c’est la condition de son autorité.
Parce que la lutte contre la fraude, c’est la condition pour faire respecter l’égalité devant l’impôt.
Parce que les paradis fiscaux doivent être éradiqués en Europe et dans le monde, parce que c’est la condition pour préserver et protéger l’emploi.
C’est le sens des orientations qui ont été présentées par le Premier ministre ce matin. J’ai demandé qu’elles soient mises en œuvre dans un délai rapide.
***
La première de ces orientations, c’est d’assurer la transparence de la vie publique.
Je le dis très clairement : la défaillance d’un homme ne doit pas jeter le discrédit, le soupçon sur les élus qui se dévouent pour le bien public, sans en retirer le moindre avantage.
C’est pourquoi les règles qui régissent l’établissement, le contrôle et la publication des patrimoines des responsables publics seront entièrement revues.
Une Haute Autorité sera créée. Totalement indépendante, elle contrôlera les déclarations de patrimoine mais aussi les déclarations d’intérêts des membres du gouvernement, des parlementaires, des responsables des grands exécutifs locaux et des dirigeants de grandes administrations.
Cette Haute Autorité étudiera de manière approfondie la situation de chaque ministre, avant et après sa nomination.
Dès lundi, les déclarations de patrimoine seront rendues publiques pour tous les membres du gouvernement. Elles le seront pour les parlementaires, une fois le projet de loi adopté.
Enfin, il sera proposé d’étendre l’interdiction du cumul d’un mandat parlementaire avec l’exercice de certaines activités professionnelles pour prévenir tout conflit d’intérêts.
La transparence ! Il ne s’agit pas d’exhiber, il ne s’agit pas de mettre en cause, il s’agit pour les Français d’être sûrs que ceux qui les gouvernent, ceux qu’ils ont élus, ceux qui sont responsables des deniers publics puissent, pendant la durée des mandats qui leur ont été confiés, ne pas connaître d’enrichissement.

La seconde orientation, c’est de renforcer la lutte contre la grande délinquance économique et
financière.

J’ai donc décidé, et le Premier ministre l’a présentée ce matin, la création d’un parquet financier, c’est-à-dire d’un procureur spécialisé avec une compétence nationale, qui pourra agir sur les affaires de corruption et de grande fraude fiscale. Il conduira et coordonnera toutes les enquêtes relatives à ces graves infractions. Ce qui aura le mérite, à la fois, de la concentration des moyens et de l’efficacité des procédures.
Un office central de lutte contre la fraude et la corruption sera institué. Il regroupera les moyens qui existent au ministère de l’Intérieur et au ministère de Finances, de façon qu’il puisse y avoir, là encore, coordination, efficacité, mobilisation. Des outils exceptionnels de procédure comme d’investigation seront confiés à cet office.
Quant aux sanctions, si elles doivent intervenir, elles seront renforcées en matière de fraude fiscale. Pour les élus qui auraient à connaître cette condamnation, une inéligibilité temporaire voire définitive pourra être prononcée, dès lors que ses motifs auront été identifiés et reconnus par la justice.

Enfin, dernière orientation – et peut-être celle qui permet aux Français de comprendre quel est le sens de la politique que je veux conduire – nous allons nous mobiliser contre les paradis fiscaux.
Première décision, les banques françaises devront rendre publique, chaque année, la liste de toutes leurs filiales, partout dans le monde, et pays par pays. Elles devront indiquer la nature de leurs activités. En d’autres termes, il ne sera pas possible pour une banque de dissimuler les transactions effectuées dans un paradis fiscal. L’ensemble de ces informations seront publiques et à la disposition de tous. Je veux que cette obligation soit également appliquée au niveau de l’Union européenne et, demain, étendue aux grandes entreprises.
La France établira chaque année une liste des paradis fiscaux. Elle l’établira en fonction, non seulement de signatures de conventions avec les pays, mais de la réalité, de l’effectivité des informations qui seront données. Je n’hésiterai pas à considérer comme un paradis fiscal, tout pays qui refuserait de coopérer pleinement avec la France.
Ce que je veux, et avec d’autres pays en Europe – encore récemment l’Allemagne, la Grande-Bretagne, l’Italie et l’Espagne se sont jointes à nous –, ce que je veux, c’est qu’il y ait un échange automatique d’informations sur les revenus et les patrimoines détenus par les Français à l’étranger ou par des étrangers en France. Cela doit être la règle en Europe pour que nous puissions mettre un terme au secret bancaire et à la dissimulation des avoirs.
***
Mesdames, Messieurs,
Je mesure la gravité de ce qui a été constaté. Je sais combien les Français veulent le changement par rapport à cette triste succession d’affaires, qui altère l’image même de la République, de notre pays et de la vie politique pour laquelle j’ai grand respect.
Je veux donc que l’ensemble de ces dispositions puissent être mises en œuvre dans les meilleurs délais. Les projets de loi seront présentés au Conseil des ministres, le 24 avril, pour être ensuite soumis au Parlement. Ces textes viendront d’ailleurs compléter le projet de loi sur le renforcement de l’indépendance de la justice – heureusement que la justice est indépendante, qu’elle n’est pas retenue, qu’elle n’est pas influencée, depuis 10 mois – et également la protection des sources des journalistes – car heureusement que la presse fait son travail.
Je souhaite que le rassemblement le plus large puisse se faire sur ces orientations, cette volonté, cette République exemplaire. C’est l’intérêt de tous : de tous ceux qui ont gouverné hier, gouvernent aujourd’hui et auront à gouverner demain. C’est l’intérêt de la France parce que nous devons être exemplaires, quitte à être les premiers sur la mise en œuvre de ces orientations et de ces politiques.
Je veux enfin que l’Europe prenne conscience qu’elle doit maintenant mettre tous les moyens – et elle y est prête – pour qu’avec l’Union bancaire nous puissions en terminer avec des pratiques qui n’auraient jamais dû exister.




Bookmark and Share

09 avril 2013

La possibilité d'une ville

Je sors d'une réunion en Mairie dont le thème était "Le projet d'Aménagement et de Développement Durable".
Une réunion visant à informer, sous forme d'ateliers,  les membres des Conseils de Quartier de notre arrondissement des enjeux de la révision du PLU-H et des orientations pour le projet d'aménagement et de développement durable nous/les concernant.
Une réunion pleine d'acronymes et de termes techniques pour nous expliquer les règles d'usage des sols sur l'ensemble du territoire communautaire. Règles elles-même partant d'objectifs définies en concertation par la Ville de Lyon et la Communauté Urbaine amenant à une révision générale du PLU-H qui doit être approuvé en 2016.
Ce même PLU-H devant être compatible avec le SCOT lui-même approuvé en 2010 et fixant les grandes orientations de développement du territoire de l'agglomération lyonnaise jusqu'en 2030.

J'arrête là car pour une fois que j'écris je ne veux pas décourager les quelques lecteurs qui s'égareront ici mais sachez que dans ce plan de développement il est question d'économie, de logement, d'environnement, de solidarité sociale et spatiale.

Comme beaucoup de personnes présentes, j'ai réfléchis à la configuration du 8ème arrondissement, à ce qu'on pouvait faire ou pas et avec pas mal de questions sur l'évolution future d'un lieu que nous ne verrions sans doute pas pour les plus vieux.
J'ai pensé qu'on avait parlé de beaucoup de choses nous touchant directement  mais pas de la forme. Comment la voulions nous cette ville ? Quelle architecture ? Comment y vivre ? Avec qui ? On a évoqué la mixité sociale, la mixité intergénérationnelle, la mixité fonctionnelle. Mais une ville ce n'est pas un shaker qu'on secoue pour tout mélanger, il faut souvent forcer les choses pour apprendre à bien vivre ensemble.

Bref je prends ma voiture pour rentrer. Il était passé 20 heures et sur France Inter il y avait l'Humeur Vagabonde de Kathleen Evin. Une émission que j'adore écouter la nuit dans en roulant dans la ville. Et ce soir, O hasard heureux, l'invité était l'urbaniste Jacques Ferrier pour son livre "La possibilité d'une ville: les cinq sens et l'architecture" paru aux éditions Arléa le 3 janvier 2013.

Et la question qui allait avec mes interrogations : "qu'est ce que c'est que l'architecture durable ?".

Je reprends tout simplement la présentation de l'émission :

"Naïvement nous pourrions répondre : est évidemment durable une construction que nous avons eu envie de conserver, à travers les âges, pour le plaisir des yeux ou pour le bonheur d’y vivre. Par exemple les Salines royales d’Arc et Senans, ou les jolies maisons lyonnaises des quais de Saône, le passage Pommeraye à Nantes comme les vieux hôtels du Marais à Paris. Mais, depuis une bonne décennie, l’architecture durable est celle qui répond aux nouvelles exigences environnementales, les normes techniques imposant matériaux, formes et même modes de vie. En 2008, au Pavillon de l’Arsenal à Paris, une exposition avait tenté d’offrir au public une autre vision de cette nouvelle architecture, recentrée autour de ses utilisateurs, de leurs envies de quartiers, de services, de diversité, de nature.

Jacques Ferrier, urbaniste et architecte faisait partie de ses concepteurs, lui qui a toujours voulu réaliser des constructions ressemblant à ceux pour qui il les imaginait. Depuis son premier bâtiment, réalisé pour un laboratoire de l’Ecole des Mines, jusqu'au Pavillon français de l’exposition universelle de Shangaï en 2010, il milite pour moins d’architecture spectaculaire et plus de prise en compte du facteur humain, allant jusqu’à faire du plaisir à habiter un lieu le cœur de sa réflexion sur la ville. Alors qu’il est actuellement en charge du design des futures gares du Grand Paris, il publie chez Arléa « La possibilité d’une ville », un plaidoyer pour en finir avec les univers urbains sans qualité."

A terme, 70 % de la population humaine va vivre en ville. Alors le durable est une notion très importante. Ferrier y rajoute cependant une idée qui peut paraître saugrenue : celle du plaisir. Combien de gens vivent dans des tours sans âmes et bruyantes en aimant ces endroits qui ressemblent plus à des prisons qu'à des lieux de vie. Qui a pensé en les construisant que des humains pourrait s'y épanouir. Sûrement pas des architectes qui imaginaient y vivre eux mêmes. On a construit pour combler un déficit mais jamais en pensant aux utilisateurs de ces logements.

Alors aujourd'hui, entre normes environnementales et besoin de logements, comme Jacques Ferrier, je souhaite une prise en compte de l'humain avant tout. C'est une notion qui apparait bien dans le rapport qui m'a été donné ce soir. J'espère juste que ça ne sera pas un vain mot. Pour nous et ceux qui viendront ensuite.

Pour ceux à qui ce billet aura donné envie d'en savoir plus le podcast est ICI.
L'écouter parler de villes comme Tokyo est un vrai bonheur.
Le site de Jacques Ferrier est .

Pour encore plus de plaisir : le site de la Cité Radieuse du Corbusier à Marseille et celui du Musée Urbain Tony Garnier à Lyon 8ème.

Bande son : Pauline Croze - Dans la ville



Bookmark and Share

14 mars 2013

Les idées fausses ça suffit

L'immigration et la population issue de celle-ci est un sujet qui travaille beaucoup de nos concitoyens.
En particulier celle qui vient du Maghreb.
C'est un sujet dont on me rebat les oreilles régulièrement.
Avec un joyeux amalgame puisqu'on part du principe que toute tête un peu basanée et bien sûr louche (Coluche si tu me lis...) est forcément un déliquant. D'ailleurs tout le monde a eu affaire à un de ces types qui lui a pourri la vie ou bien l'a attaqué dans la rue.
Evidemment qu'il y en a de la déliquance, il faudrait être aveugle pour ne pas la voir mais personne ne voit pourquoi. Ou ne veut pas le voir. Des jeunes entassés dans des cités avec un avenir pourri n'ont pas forcément vocation à devenir des enfants de choeur. La pauvreté est aussi un facteur déclenchant. Double peine quoi.
Suite à une énième conversation à ce sujet ("je ne suis pas raciste mais...") cette semaine, je suis tombée sur la campagne d'ATD QUART MONDE contre les idées reçues sur la pauvreté.
Et à l'intérieur du dossier, les idées fausses sur l'immigration.
Quelques idées que je rappelle ici.
Si vous voulez lire le reste c'est ICI pour les idées fausses ça suffit.




« L’immigration augmente d’année en année en France »
Faux.
La proportion d’immigrés [1] se situait en 1931 à 6,6%. Elle a décru jusqu’à la guerre et cru pendant les 30 Glorieuses pour atteindre 7,4% en 1975, restant à ce niveau jusqu’en 1999 et croissant légèrement jusqu’à 8,4% en 2008 www.insee.fr/fr/themes/table…
« Si on renvoyait les immigrés dans leur pays, il y aurait moins de chômage en France » ou « Les immigrés prennent des emplois aux Français »
Faux.
Globalement, la présence des populations de nationalité étrangère en France crée de la richesse et donc de l’emploi, grâce à l’apport de consommation, d’impôts et de cotisations (voir 9-6)). Les étrangers sont aussi consommateurs, ils créent une demande supplémentaire et des emplois. Les études montrent que les migrants arrivant créent leurs propres emplois. « En imaginant une augmentation de 10% du flux d’immigration au Royaume-Uni en 2007, le taux de chômage n’augmenterait alors que de 0,01 point au bout de 13 ans.

« La France est un des pays d’Europe qui accueille le plus d’immigrés »
Faux.
« Avec un taux d’accroissement naturel de 4 pour 1000 et un taux d’accroissement migratoire de 1 pour 1000, la France est le pays d’Europe dont la croissance démographique annuelle dépend le moins de l’immigration » (tableau 2 page 2 du document « Cinq idées reçues sur l’immigration », source INED pour l’année 2001). En 2010, la part des personnes immigrées sur la population totale s’élevait à : Autriche (16 %), Suède (14 %), Espagne (14 %), États-Unis (13 %), Allemagne (13 %), France (11 %) [2], Pays-Bas (10 %), Royaume-Uni (10 %), Belgique (9 %), Italie (7 %) (source INED,http://bit.ly/hK5Qrp).

« Les familles immigrées font beaucoup plus d’enfants que les familles françaises natives »
Pas tant que cela.
« Dans la période 1991-1998, le nombre moyen d’enfants par femme était de 1,65 pour les seules françaises natives. Les femmes immigrées avaient en moyenne 2,2 enfants (source document « Cinq idées reçues sur l’immigration », INED, 2004)

« La France accueille toute la misère du monde »
(sous-entendu : « Ce sont les populations les plus pauvres qui immigrent en France »)
Faux.
« Dans l’ensemble, les migrants représentent par rapport aux non-migrants de la société d’origine une population sélectionnée : en meilleure santé, plus instruite, plus entreprenante, dotée d’un minimum de ressources » (source document « Cinq idées reçues sur l’immigration », INED, 2004). La part des immigrés diplômés de l’enseignement supérieur est passée de 12 à 25% entre 1990 et 2007. La moyenne nationale est de 29%

Vrai.
Mais elle rapporte 60 milliards d’euros en impôts et cotisations sociales chaque année (source ministère de la Santé et des affaires sociales et étude de l’université de Lille-II de juillet 2010, voir http://dailleursnoussommesdici.org/…). La population immigrée est en moyenne plus jeune et en bonne santé que les autres habitants de la France. Or dans les prestations sociales la maladie pèse 47% et la retraite 31% (les autres dépenses étant les allocations chômage, le RSA, les allocations logement et les allocations familiales). La population immigrée est donc une chance pour aider au paiement des retraites.
En moyenne, la contribution nette de chaque immigré (différence entre ce qu’il verse et ce qu’il reçoit en impôts et cotisations sociales) est de l’ordre de 1500 € par an.
Voir « Migrations et protection sociale : étude sur les liens et les impacts de court et long terme » (ministère de l’Emploi, 2010, http://bit.ly/wo0Jxt), ainsi que www.telos-eu.com/fr/article/… (« En l’absence de l’immigration, le besoin de financement de la protection sociale en France augmenterait de 2 points de Produit Intérieur Brut (PIB) ».
Bien sûr, l’apport de l’immigration à notre pays ne se limite pas à cet aspect comptable. Il est aussi et surtout humain, culturel, scientifique, artistique, etc.

« Les étrangers peuvent profiter facilement des minima sociaux. »
Il faut être en possession d’un titre de séjour et d’une carte de travail depuis au moins cinq ans pour bénéficier du RSA si on est natif d’un pays extérieur à l’Union européenne.

« Les étrangers augmentent la délinquance »
12,7% du nombre de condamnés sont étrangers (source : ministère de la Justice), alors qu’ils représentent environ 8% de la population de la France). L’écart n’est pas si important que veulent le faire croire certains hommes politiques.


Toutes ces idées sont propagées quotidiennement par l'extrême droite via les mails, réseaux sociaux etc... et à force finissent par s'insinuer sournoisement dans les esprits. Racisme sournois qui ne sert que les extrêmes, tachons pas de pas l'oublier.

Quant à la pauvreté, on est sauvés. On a un pape des pauvres depuis hier soir. Comptons sur lui pour règler la situation, il a l'air d'en avoir envie.



Bookmark and Share

06 mars 2013

Savary et ma jeunesse (minute nostalgie)

Quand j’étais jeune, j’ai eu l’occasion de croiser le Grand Magic Circus.
C’était après 68 à la Fac de Nanterre.
J’ai croisé aussi les Martin Circus – ceux qui s’éclataient au Senegal avec une copine de cheval – mais c’est une autre histoire.
J’ai trouvé ça drôle mais j’avoue que ce n’est pas cette expérience qui m’a fait aimer le theatre.
Quelques années plus tard j’ai retrouvé Savary au Théâtre de Chaillot.
Les rustres de Goldoni avec Dominique Lavanant se baladant avec des pattes de canard.
Je n’ai pas trouvé ça drôle du tout et j’ai décidé que Savary n’était n’était pas ma tasse de thé.
A l’époque j’habitais Paris et du coup j’ai loupé son époque lyonnaise au Théâtre du 8ème qui est devenu la Maison de la Danse.
Peut-être que j’ai loupé quelque chose.
Même que dans les années 80 j'ai refusé une offre de travail à Chaillot (mais ça aussi c'est autre chose).
En attendant, l’annonce de son décès m’a fait une drôle d’impression hier.
Comme si une partie de ma jeunesse s’en était allée avec lui.
La parenthèse enchantée des années 70 où on a pensé que tout était possible.
Les jeunes d’aujourd’hui n’ont pas cette chance et moi j'ai bien l'impression de ne pas avoir su en profiter.




Bookmark and Share

27 janvier 2013

Il ne manquerait plus que François Gabart soit contre le mariage pour tous

Je sais bien que le pauvre garçon est loin de tout ça ce soir mais il nous aura bien pourri la journée malgré lui. Pourri parce que les chaînes d'info en continu ont trouvé plus spectaculaire de transmettre son arrivée (interminable) au lieu de parler du défilé de soutien au Mariage pour tous.
Mais ça Romain Blachier nous l'a très bien expliqué cet après-midi.
Je souhaitais en rajouter juste une petite couche car j'ai comme beaucoup subi l'info en boucle de la partie adverse il y a 15 jours et que je n'en attendais pas moins de leur part ce dimanche.
Le sujet qui divise hélas la France aujourd'hui mérite un traitement égalitaire. Parce que justement c'est d'égalité qu'on veut parler.
Bref je ne suis pas contente.
La seule chose qui arrangerait les choses serait que notre cher vainqueur du Vendée Globe nous donne un petit coup de pouce une fois qu'il aura vraiment les pieds sur terre.
Qu'il soutienne ce projet comme le soutient la grande majorité des jeunes de ce pays.
Parce que là je sens vraiment que s'il y a clivage c'est plus celui des générations qu'entre idéologies politiques. Ce qui reviens j'en conviens presque au même puisque les jeunes sont plus à gauche qu'à droite. Mais même quand ils sont de droite ils sont d'accord grosso modo.
Et si pour une fois on laissait la jeunesse s'exprimer sur le sujet ?
Et pour commencer donc par le héros du jour : François Gabart êtes-vous pour ou contre le mariage pour tous ?

23 janvier 2013

Le mariage pour tous, je suis pour

Etant donné que tout le monde en particulier et n'importe qui en général donne son avis sur la question, il n'y a aucune raison que je ne m'y colle pas moi aussi.
Parce que je suis de gauche d'abord et que le projet faisait partie du programme de F. Hollande.
Parce que je ne suis PPCQFB (pas plus con que Frigide Barjot).
Et plus sérieusement parce que je reconnais aux homosexuels/lesbiennes/gays/transexuels (etc) le droit à la différence associé au droit à l'égalité.
Je leur reconnais le droit d'avoir une relation légitime comme pour les hétéro et celui d'élever des enfants si ça leur chante.
Donc je suis aussi pour la PMA et pour l'adoption. La dernière solution me paraissant la meilleure vu le nombre d'orphelins qui attendent qu'on leur donne une chance aux 4 coins de la planète.
En 2013, on se marie par amour d'abord et non pas pour assurer la descendance. Que l'Eglise catholique soit d'accord ou pas. Ce n'est pas à des hommes qui ont décidé de ne jamais se marier et de faire abstinence (?) de nous donner les leçons sur la question.
Tout être humain a droit à la reconnaissance et à la sécurité et aujourd'hui le mariage est le seul contrat qui permette cela. Pour tout le monde. Les droits (et les devoirs) de chacun ne doivent en aucun cas être fondés sur l’orientation sexuelle des individus.

A côté de cela, rappelons quelques chiffres :

L’ouverture du mariage civil aux couples de même sexe existe déjà : aux Pays-Bas (2001), en Belgique (2003) + adoption en 2006, en Espagne 2005 + adoption, en Norvège plus possibilité d'adopter et de bénéficier d'une assistance à la fécondation, en Suède (2009), au Portugal (2010), en Islande (2010), débat sur l’adoption d’une loi au Royaume-Uni (2012). Mais aussi : au Canada (2005), en Afrique du Sud (2006), dans la ville de Mexico (2009), en

Argentine (2010) et dans de nombreux États américains.

Pour ceux qui s'opposent aux projet sous prétexte de protection des enfants,  je rappelle que les familles homoparentales existent déjà et que les enfants ne sont aujourd’hui pas protégés par l’état actuel du droit qui ignore l’un des deux parents. Ouvrir le mariage et l’adoption aux couples homosexuels, c’est reconnaître la filiation et protéger tous les enfants en offrant à leur famille un cadre juridique protecteur.

Par contre, s'il existe aujourd'hui différents types de familles (monoparentales, homoparentales, recomposées...) liées à l'évolution de notre société, je ne suis pas d'accord avec ceux qui, sous motif de modernité, veulent remettre en question le rôle de la nature dans la reproduction entre humains.
Un enfant, jusqu'à preuve du contraire ou évolution de la science, est le fruit de la rencontre entre une ovule et un spermatozoïde, chez nous comme chez les animaux (enfin presque tous). Si je reconnais aux homosexuels les mêmes droits qu'aux hétéros, je refuse qu'on remette cette notion en question. Dire que l'évolution de la société amènera à réfuter cette loi de la nature pour accorder les mêmes droits à tous me choque et affirmer qu'on doit la transgresser  afin de promouvoir l’égalité et la justice pour tous ne me semble pas être la bonne réponse aux questions que tout un chacun est en droit de se poser.
(j'espère que je me fais bien comprendre)

C'est le seul bémol que j'apporte sur le sujet.
Ca ne m'empêchera pas d'aller défiler samedi place Bellecour avec tous mes copains pour défendre ce droit qui me semble essentiel, qu'on soit de droite ou de gauche... à moins qu'entre temps le ciel nous soit tombé sur la tête.



Photos : Richard Kalvar - Fernando Scianna - Paulo Fusco